THÉOLOGIE. — OUVRAGES ASCÉTIQUES
Sous le règne de Marie-Thérèse, il n'y avait plus aux Pays- Bas de débats sérieux entre lés théologiens. Le jansénisme, dérouté par la tactique de l'archevêque de Precipiano, fut anéanti par le cardinal d'Alsace. L'autorité du pape et des évéques fut respectée par les ecclésiastiques, et si chaque ordre religieux tenait encore à ses doctrines avec une certaine persévérance, il n'y mettait plus de passion. Les discussions publiques, provoquées tous les mois dans les couvents et à l'université de Louvain , étaient de véritables argumentations propres à aiguiser l'esprit et à approfondir la science. Plus de guerres religieuses, plus de disputes tendant à faire passer pour hérétique l'une des parties.
Bon nombre de thèses, rédigées par les professeurs et défendues par les élèves, furent publiées. Malgré leur brièveté, quelques-unes de celles-ci formaient de véritables traités, dans lesquels la matière était discutée au point de vue de la pratique.
Aux séminaires cependant l'enseignement était plus élémentaire et moins approfondi qu'à l'université de Louvain. Cette différence, les États de Flandre la reconnaissaient volontiers, tout en disant dans leurs représentations à propos du séminaire général, que le peuple préférait les prêtres sortis des séminaires épiscopaux aux ecclésiastiques élevés à l'université de Louvain. Ils admettaient volontiers la supériorité
de l'instruction des premiers, mais ils leur déniaient le zèle que montraient les autres dans l'accomplissement de leurs fonctions.
Les séminaires comptaient parmi leurs professeurs des hommes de talent. Une théologie spéciale destinée aux séminaristes fut élaborée, et ce travail, véritable vade mecum des jeunes théologiens , fut adopté dans les pays étrangers : en France, en Angleterre, en Irlande et dans l'Amérique du Nord, et y sert encore actuellement à l'enseignement. Connu sous le titre de Theologia Pétri Dens, cet ouvrage n'est pas entièrement l'œuvre du président du séminaire archiépiscopal de Malines. Les traités De virtute religionis et De sacramentis, seuls lui appartiennent ; les autres traités y ont été ajoutés par d'autres professeurs. La doctrine de la Theologia Pétri Dens, plus rigoureuse que celle de S. Alphonse de Liguori, a l'avantage d'être simple, claire, condensée, très-abrégée, et très-complète ; en un mot c'est un excellent livre élémentaire sur la matière.
Le théologien Postel , qui enseigna pendant plusieurs années chez les jésuites, rédigea en français un livre destiné à convaincre les incrédules. Reuter fit une Théologie morale qui obtint beaucoup de succès. Maugis, religieux de Tordre des Augustins, enseigna cette science avec éclat à l'université de Louvain. Jourdain Pringué, dominicain à Gand, produisit une théologie morale en 15 volumes.
Ces écrivains n'exercent plus une grande influence. Leurs noms, sauf celui de Dens, sont oubliés ou peu s'en faut.
Les ouvrages de piété étaient très-répandus à cette époque, principalement dans la bourgeoisie et dans les campagnes. Wielens et Vanden Abeele rédigèrent en français et en flamand des livres ascétiques qui furent lus. Des écrivains médiocres les suivirent dans cette voie.