‹ Le règne de Marie-Thérèse dans les Pays-Bas autrichiensChapitre 43 sur 71 · COMMERCE, INDUSTRIE, PÊCHE NATIONALE · texte numérisé non relu

COMMERCE, INDUSTRIE, PÊCHE NATIONALE

En stipulant la fermeture de TEscaut, le traité de paix de Munster avait introduit aux Pays-Bas une liberté entière de commerce et de navigation dans tous les états des parties contractantes. Les marchandises des Provinces-Unies étaient soumises aux mêmes droits que celles des sujets des Pays- Bas catholiques. Il en était de même en Belgique. Ces clauses, qui de prime abord paraissent très-équitables, étaient cependant contraires aux intérêts de notre pays, composé de provinces très-productives. Celui-ci ne pouvait lutter contre la Hollande, pays d'exportation et d'importation surtout. Devenues maîtresses des Pays-Pays pendant la guerre de la succession, les puissances maritimes favorisèrent, au détriment de nos provinces, l'introduction des marchandises de leurs nationaux ; par le Traité de la Barrière elles prohibèrent toute modification à ce tarif, jusqu'à la conclusion entre les parties contractantes d'un traité de commerce. Charles VI, créateur de la compagnie d'Ostende, la fit tomber par suite d'ordres reçus de la France, de l'Angleterre et de la Hollande. Tout les produits commerciaux étaient frappés de droits élevés, sans aucun discernement et seulement dans le but de faire affluer vers le trésor royal les sommes^

les plus considérables. Peu au courant des affaires commerciales, et voulant tout régenter par elle-même, la maison d'Autriche avait pour ainsi dire complètement ruiné tout trafic par l'exercice peu judicieux de la prérogative d'établir des droits d'entrée et de sortie, qui soumettaient le commerce à la volonté arbitraire du monarque (1).

Telle était la triste situation du commerce belge, lors de l'avènement de Marie-Thérèse. Les invasions des Français et leurs exactions ne contribuèrent pas moins à rendre la situation plus pénible encore. Ils frappèrent nos produits de droits exorbitants (2).

Malgré l'égoïsme étroit de l'Angleterre et de la Hollande, malgré la dureté des traités imposés aux Pays-Bas par les princes étrangers, Marie-Thérèse se décida à faire renaître le commerce. C'était une tâche difficile, dont elle se tira avec honneur, grâce aux bons conseils donnés par les Belges eux-mêmes.

A partir de la conclusion du traité d'Aix-la-Chapelle, dans lequel l'Autriche ne voulut à aucun prix laisser invoquer celui de la Barrière, cette puissance revisa complètement le tarif des droits d'entrée et de sortie. Comprenant combien le commerce est intéressé à la mise en pratique d'un tarif sagement combiné, le gouvernement frappa d'un droit considérable les marchandises venant de l'Angleterre, de la Hollande et de la France.

Comme le commerce intérieur alimente le commerce extérieur, l'Autriche mit à profit les avantages que procuraient

(1) Shaw, Essai sur tes Pays-Bas autrichiens^ p. 48; Lettres historiques, p. 140.

(2) V. à ce sujet une lettre du 13 juillet 1749 citée dans Beer, Aufzeignungen, p. XXCIV et tout le passage y relatif.

les routes, les canaux, les rivières navigables ainsi que l'activité des indigènes et le bon marché des journées pour provoquer un commerce de transit. De grands travaux aux ports d'Ostende et de Nieuport pouvaient favoriser ce trafic. Par un règlement du 1 mars 1758, le gouvernement réduisit le droit de transit de deux et demi pour cent de la valeur des marchandises à un demi pour cent. Ce droit si élevé, les gênes, les entraves, sur lesquelles le règlement ne tarissait pas, rendaient pour ainsi dire toute spéculation impossible .

A la suite des démarches de plusieurs commerçants, le gouvernement comprit que le transit ne peut, ni ne doit être envisagé au point de vue des profits du souverain, et qu'il ne pourrait s'établir ni se développer, si une nouvelle modération des droits n'était accompagnée des plus grandes facilités.

L'ordonnance du 19 mai 1766 parut, et successivement de nouvelles modifications y furent apportées dans la suite.

A dater de cette époque le commerce de transit augmenta d'année en année. Pour se faire une idée des avantages procurés au pays par ce commerce, il suffit de comparer le nombre des navires entrés à Ostende pendant les années 1764 et 1765 à celui de l'année 1780. Pendant la première période il y en eut 828 ; en 1780, et par conséquent en une année seulement, Ostende en reçut 1560 (1). Toutes ces marchandises étaient en destination de l'Allemagne, du pays de Liège, de la Lorraine et de la Suisse. Un autre contrôle propre

(1) Van Bruyssel, Histoire du commerce et de la marine en Belgique, t. III, p. 295, donne les chiffres des navires entrés au port d'Ostende à partir de 1776 à 1779 et de 1781 à 1782. A la page 294 le même auteur donne la valeur des marchandises importées de Belgique en Angleterre et en Ecosse, et de celles importées de ces pays en Belgique de 1764 à 1781.

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à constater les progrès des importations et exportations, est le produit des droits d'entrée et de sortie. En 1754 ce droit montait à 2,254,070 florins, en 1780 k 3,105,726 florins (1).

Le gouvernement développa de plus en plus le transit en favorisant, quand il le pouvait, la navigation intérieure. Néanmoins, la multiplicité des droits de tonlieu, de convoi, des bureaux des douanes, les enclaves des territoires appartenant à des princes étrangers furent encore autant d'obstacles, auxquels le gouvernement ne voulait ou ne pouvait porter remède par suite du système administratif admis (2).

Des entrepôts furent ouverts à Anvers, Bruxelles, Bruges, Gand, Louvain, Malines et Nieuport. Dans le Limbourg, le gouvernement voulait faire également renaître le commerce. A cet effet, il choisit Hervé pour y établir un centre commercial, qui n'eut pas un bien grand succès.

Le commerce et l'industrie auraient pu prendre un plus grand développement encore, si les particuliers avaient eu plus de confiance : « leurs coffVes regorgent d'or, dit l'auteur » des lettres Historiques, mais il y reste enfermé et n'en » sort que sous la sauvegarde d'une hypothèque bien établie ; » toutes les bourses sont fermées pour le commerçant et » même pour le banquier le plus accrédité (3). »

Les chambres de commerce établies à Bruges et à Gand

(1) Les revenus des droits d'entrée et de sortie le constatent formellement, ainsi que le tableau des produits des douanes de 1738 à 1785 inséré dans le Recueil des mémoires sur le commerce des PayS'Bcis autrichiens, p. 15, et dans Briavoine, Mémoire sur Vétat du commerce dans les Pays-Bas, p. 124 [Mémoires de V académie de i839 à 1840, 2« partie). L'auteur y donne parfois des renseignements spéciaux au sujet des recettes faites sur différentes branches importantes de matières premières.

(2) Ordonnance du 30 août 1759.

(3) Lettres hist., p. 172.

continuèrent leur mission selon les exigences de Fépoque; les règlements de ces corps furent modifiés complètement (1). Les consuls étrangers établis à Ostende devinrent l'objet de l'attention spéciale du gouvernement.

Pour rendre le commerce plus prospère encore, il ne manquait que l'ouverture de l'Escaut, dont les Provinces-Unies tenaient la clef en vertu de la paix de Munster (2), ou un commerce maritime exercé par des indigènes.

Quelques armateurs flamands, usant de subterfuges, envoyèrent des vaisseaux aux colonies françaises d'Amérique. Ces expéditions se firent clandestinement, afin de ne pas éveiller la jalousie que les Anglais et les Hollandais avaient manifestée à propos de la compagnie d'Ostende.

Guillaume Bolts, né à Amsterdam, conçut le projet de rétablir des communications entre les Pays-Bas et les Indes par l'intermédiaire du port de Triest, projet déjà émis lors de la chute de la compagnie d'Ostende. Ce plan ayant été approuvé par l'impératrice et ses ministres, Bolts parvint au moyen de lettres de recommandation du prince de Stnrlr^inberg à obtenir des fonds à Anvers. Des navires luicuL envoyés en Chine et en Afrique. Cette nouvelle tentative échoua, et la compagnie Asiatique, comme on l'appelait, tomba aussi tristement que la compagnie d'Ostende (3).

(1) Règlement de la Chambre de commerce de Bruges du 8 oct. 1767; modifications de celles de Gand par actes du 5 mai 1751 et 8 janv. 1780 (Plac. de Flandre, t. V, p. 811).

(2) Dans un Conseil de Cabinet, tenu en 1780, plusieurs membres soutinrent l'avis que Vouverture de l'Escaut n'était pas désirable, par suite du préjudice que la navigation de ce fleuve porterait au commerce d'Ostende, port difficile et le seul de la Belgique [Revue de Bruxelles, août 1837, p. 19).

(3) Précis de l'origine, de la marche et de la chute de la compagnie d'Asie et d'Af^'ique et le mémoire de Bolts intitulé : Recueil de pièces

Eu vue de favoriser autant que possible les Belges et de les faire participer aux avantages des traités maritimes, Timpératrice comprit les Pays-Bas dans la convention conclue avec les États Barbaresques.

Ce que le gouvernement avait entrepris en faveur du commerce de transit, il le fit aussi en faveur de l'industrie.

Le prince Charles de Lorraine rédigea plusieurs mémoires à Tefifet de faire revivre le commerce et l'industrie. Lui-même s'en déclara hautement protecteur. Il encouragea les mécaniciens et en général tous ceux qui s'adonnaient à l'industrie. Bruxelles lui dut l'établissement de manufactures d'indiennes. A Tervueren, il encouragea les premières expériences de la manipulation de ces étoffes. Des essais furent faits pour introduire la fabrication de la batiste, la culture du mûrier et l'éducation des vers-à-soie. Une fonderie de caractères d'imprimerie s'éleva sous sa protection à Bruxelles. L'érection de plusieurs papeteries et verreries fut encouragée au moyen d'octrois concédés parle gouvernement (1). Bientôt il fit accorder lui-même par les États des subsides aux fabricants, en faveur de certaines industries nouvelles, ou des exemptions des droits établis sur les matières premières et les objets fabriqués, système préconisé par le vicomte de Wynants. Quand le gouvernement le pouvait, il affranchissait les industriels des* prétentions des corporations des métiers et leur faisait accorder parfois par les villes des franchises des droits d'octroi (2). Souvent il se contentait d'accorder

authentiques de la société de Tinest, gérée à Anvers, 1787 ; Lettres historiques, p. 136.

(1) BnB.yoiney Inventions et perfectionnement dans VindustHe, p. 10, au 1. 13, des Mémoires de V académie royale de Belgique, 1838.

(2) Par ordonnance du 14 janvier 1775, l'impératrice permit aux manufacturiers de siamoise, cotonnettes et autres étoffes à Courtrai de

simplement des libertés aux fabriques et manufactures qui, puisant la matière de leurs produits dans le sol même du pays, n'exigeaient aucun encouragement pour en soutenir la vente. Les fabricants des toiles, des dentelles, etc., demandaient seulement plus de liberté (1). Si la chapellerie de Malines et de Bruxelles, et Timpression des indiennes se soutenaient avec autant d*avantagQs que dans les pays voisins, les raffineries de sel ne pouvaient pas lutter contre celles de laZélande. Dans le Limbourg, les fabriques de draps, obligées de se procurer les laines d'Espagne à Ostende, devaient y payer un droit trop élevé pour pouvoir lutter avec avantage contre les usines de Verviers, du pays de Liège et d'Aix-la- Chapelle. Le but que le gouvernement s'était proposé d'atteindre, en soumettant les laines d'Espagne, venues de Hollande, à un droit d'entrée, était prématuré. L'État aurait dû commencer par attirer les laines à Ostende, en tâchant d'y établir un entrepôt à un prix modéré et d'y accorder les facilités que les fabricants trouvaient à Amsterdam ; en un mot les fabriques du Limbourg demandaient seulement d'ôtre mises sur le même pied que celles des pays voi^iab pour soutenir la concurrence à l'étranger,

faire teindre à Bruges et exporter librement de cette yiUe le fil bleu, dont ils avaient besoin pour leur fabrication. (PI. de FI., t. VI, p 1174. Un décret du 13 mars 1752 ordonna aux échevins de la keure de Gand de laisser entrer provisoirement dans cette ville les toiles rayées, fabriquées à Bruges, sans exiger le pondtgeld. {Ibid. t. V, p. 682).

(1) D'après un document statistique, on comptait en 1737 et 1767 dans les communes de la Flandre ressortissant aux châtellenies du Vieux-boùrg de Gand et d'Âudenarde 8,589 métiers de tisserands. (Vandermeersch, dé VÉtat de la mendicité, p. 232). L'auteur y donne un tableau très-intéressant tiré d'un document des archives de la Flandre orientale, et à la p. 235 le nombre des pièces de toiles ou d'aune exportées en 1762 et 1785.

Il y avait d'autres industries qui auraient dû être soutenues à cause de la dépendance dans laquelle elles se trouvaient au point de vue des produits fabriqués à l'étranger : par exemple, celles des papiers à meubler, des cartes à jouer et de l'imprimerie. Par l'imposition trop élevée établie sur les papiers étrangers, le gouvernement favorisait les papeteries indigènes devenues très-nombreuses dans le pays. Cependant il mettait les manufactures, qui dépendaient du papier étranger, dans l'impossibilité de soutenir la concurrence chez les peuples voisins.

Toutes les villes importantes avaient leurs imprimeurs. A Bruxelles on comptait quinze presses roulantes, dont douze appartenaient à la Société typographique qui, malgré la protection du gouvernement, finit par tomber. Gand comptait vingt-deux presses, Louvain cinq,Tournai quatre, Malines, Mons et Namur en avaient aussi quelques-unes. Mais elles ne pouvaient lutter avec l'étranger. Les livres sérieux étaient tirés de 200 à 300 exemplaires seulement, les autres de 1000 à 1200.

La carosserie de Simon, de Bruxelles, jouissait d'une réputation européenne (1).

Le gouvernement encourageait aussi très-inutilement des branches d'industrie, dont les matières premières complètement étrangères au pays étaient par ce motif mieux exploitées dans les lieux de provenance. Malgré tous ses efforts, le gouvernement ne parvint pas à maintenir la fabrication des étoffes de laines étrangères, ni la rubanerie de soie, ni la faïencerie. L'Angleterre et les Provinces-Unies frappaient nos faïences, dont le pays était inondé, d'impôts exorbitants et équivalant à une prohibition complète.

(l) Lettres hist., p. 169.

Certaines industries tombaient aussi par suite des changements du goût et des modes. Les fabriques de tapisseries, autrefois si célèbres en Belgique, n'avaient plus de raison a'être depuis l'introduction du papier à meubler. Tous les ans le gouvernement commandait aux deux ou trois manufactures bruxelloises quelques pièces aux frais des finances belges et qui allaient enrichir les palais de Vienne. Malgré ces encouragements les fabriques ne dépérirent pas moins. Sous le rapport du choix des subsides et des protections à accorder, l'état n'avait pas toujours la main heureuse.

Un des grands torts du gouvernement était celui d'accorder trop souvent des octrois exclusifs pour certaines industries, dont l'invention n'appartenait pas au concessionnaire. Par là il excluait la concurrence : les privilèges exclusifs nuisant toujours au commerce (1).

Nos manufactures de lin, supérieures à toutes celles des autres pays, occupaient un grand nombre de bras. Gand et Courtrai étaient renommés pour leurs toiles, Courtrai surtout pour ses nappes. Les blanchisseries de Gand, Bruges et Alost étaient célèbres. L'Espagne tirait toutes ses toiles des Flandres, même pour les colonies d'Amérique. Il en était de même du Portugal (2). Tous les pays venaient s'approvisionner de nos dentelles, qui, selon Shaw, occupaient cent mille personnes dans Içs environs de Bruxelles et de Malines (3).

Les archives du royaume renferment une statistique par localités et très-détaillée de toutes les industries existant dans

(1) Lettres hist., p. 173.

(2) Lettres hist., p. 145.

(3) Essai stir les Pays-Bas autrichiens^ p. 59. En 1778 ce commerce faiblit momentanément, par suite de l introduction des batistes. [Lettres hist., p. Ii8.)

le pays eu 1764. Nous en avons dressé le résumé suivant, afin de faire juger ainsi de Tétat prospère dans lequel se trouvait l'industrie sous le gouvernement de Marie-Thérèse :

Amidon et poudre à poudrer, 15 fabriques.

Armes, platinneries de fusils, 3 fabriques, 81 maîtres. Bas de différentes étoffes, tricotés et au métier, 90 fabriques, école d'enfants 1, manufacture 1.

Blanchisseries de toiles, 5.

Blanchisseries deill, 2.

Bois, bateaux et naceUes, 2 fabrîques, 4 fabricants, 5 chantiers. Bois, 4 moulins à scier, 40 scieries.

Buutonneries, 5 maîtres.

Broderies en or, argent et soie, 5 maîtres.

Calendres et presses, 4 presses, 4 calendres. Caractères à imprimer, 1 fabrique.

Caresses et autres voitures, 9 maîtres selliers et carrossiers. Cartes à jouer, 13 maîtres, 5 fabriques.

Chapeaux, 103 maîtres, 34 fabriques, 31 fabricants. Chaufours, 101 chaufours, 21 chaufourniers, 3 fabriques de chaux. Chocolat, 1 fabrique.

Ciment, 1 fabrique.

Cire blancherie, 10 fabriques.

Cire de bougies, 1 fabrique.

Cire d'Espagne, 1 fabrique.

Cire de bougies et autres, 1 fabrique.

CoUe, 3 fabriques.

Couperose, 1 fabrique.

Cordes et cordage, 7 fabriques.

Coutellerie, 3 fabriques, 11 maîtres, 4 coutelUers. Cuivre (clous de), 5 fabricants.

Cuivre pour batteries, fils de cuivre, 11 batteries, 3 usines. Cuivre jaune, 1 fabrique.

Cuivre, fonderies de mines, 1 fonderie.

Dentelles, 10 fabriques, 3 dessinateurs, 350 marchands, 200 maîtres. Dentelles de soie, 1 fabrique.

Eau forte, 3 fabriques.

Eau-de-vie de grains, 184 distillateurs, 14 fabriques ou distilleries. Eau-de-vie de grains etd'anis, 3 distillateurs, 4 fabriques. Eau-de-vie de fruits, 3 fabriques.

Eau-de-vie, liqueurs de toutes sortes, 1 distillerie. Faïenceries et porcelaine, 7 fabriques.

Fer, fonderies et fourneau?^. 4(>,

Fer, forges, 82.

Fer (macquats de), 16.

Fer, fonderies, 13.

Fer, platinneries, 20.

Fer, ouvrages de clous, 12 fabriques, 60 forges, 300 ouvriers.

Fer, ouvrages de cannes pour verreries, 1 usine.

Fer, ouvrages de liens pour chaudrons, 1 manufacture.

Fer, ouvrages de pentures et étrilles, 1 manufacture.

Fer, ouvrages de chaînes, 1 fabrique.

Fil et laine, 4 msdtres.

Fil, retord à dentelles, 3 fabriques, 1 manufacture, 12 maîtres, 1 moulin.

Fil, retord ordinaire, 2 fabriques.

Fil, retord de toutes espèces, 1 fabrique, 38 maîtres.

Fil, retord teint, 2 fabriques, 25 maîtres.

Fil, retord à coudre et autres à faire des bas, 1 fabrique, 30 maîtres

Fil de sayette, 7 fabriques.

Fil à dentelles, 3 fabriques, 5 maîtres.

Fil à coudre, 1 fabrique, 15 fabricants.

Fil de lin, différentes fabriques.

* Fil de coton pur, 1 fabrique.

Fouleries de draps et étoffes, 34 fouler ies.

Grains, moulins à peler la bouquette, 2.

Huile, (moulins à battre], 231.

Laine (peigner ies de] 22 peigneries, 14 maîtres, 12 peigneurs.

Manufacture de toiles, 20 fabriques, 48 tisseranderies, 425 tisserands, 33 maîtres.

Manufacture de toiles, serviettes et nappes, 9 fabriques, 50 tisserands.

Manufacture, toiles de rôlets, 13 métiers, 1 fabrique.

Manufacture, toiles de coutil, 1 fabrique.

Manufacture, toiles rayées quadrillées, siamoises et mouchoirs, 5 fabriques.

Manufacture, toiles cirées, 1 fabrique.

Manufacture, toiles de coton pour mouchoirs, 3 fabriques.

Manufacture, toiles rayées, 1 fabrique.

Manufacture, toiles à voiles, 3 fabriques.

Manufacture, toiles rayées et damassées, 1 fabrique.

Manufacture, toiles et mouchoirs de Silésie, mousselines, etc., toiles rayées et quadrillées, 1 fabrique.

Manufacture, toiles de tiretaine, 1 fabrique, 50 métiers.

Manufacture, toilettes dites de Cambrai, 2 fabriques.

Manufacture, draperies et étoffes diverses, 103 manufactures, 91 l'abriques, 32 fabricants, 28 manufacturiers.

Merceries, peignes de corneSj etc., 2 fabriques, 15 fabricants.

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Ouvrages de terre, 10 briqueteries,

Ouvrages de terre, poteries, 41 fabriques.

Ouvrages en terre, tuiles, briques, carreaux, 11 fabriques, 50 fours, 16 fabricants, 42 maîtres.

Pain d'épice, 2 fabriques.

Papeteries, 26 papeteries, 1 moulin, 1 fabrique, 1 fabrique de carton.

Peaux, imprimeries d^empeignes, 16 maîtres.

Peaux, chamoiseries, 5 chamoiseries, 4 fabriques, 12 chamoiseurs.

Peaux, pelleteries, 1 fabrique, 5 maîtres.

Peaux, pelleteries et buffleteries, 4.

Peaux, pelleteries et chamoiseries, 3.

Peaux, pelleteries et fourrures, 14 maîtres.

Peaux, fouleries de peaux^ 4 fouleries.

Pêche, 38 chaloupes, 4 barques.

Lapidaires, 100 maîtres.

Pierres ardoisières, 15 ardoiseries ou carrières.

Pierres, carrières de pierres à rasoir, 1 .

Pierres, carrières de pierres à aiguiser, 5 fabricants.

Pierres, carrières de marbre, 2.

Pierres, marbreries, 4.

Pierres, moulin à eau pour scier le marbre, 2.

Pierres de différentes sortes, 79 carrières.

Pipes à tabac, 10 fabriques.

Plomb, 1 fabrique.

Plomb laminé, 1 fabrique.

Plomb, un moulin à moudre.

Plumets pour chapeaux, 1 fabrique.

Potasse, 107 fabriques, 4 fours.

Potasse, salines pour potasse, 2.

Potasse, salin pour potasse, 1 fabrique.

Potin, raffineries, 2.

Poudre à tirer, 2 fabriques, 2 moulins.

Quincailleries, hameçons, 2 fabriques.

Quincailleries, de fer, acier et cuivre, 20 maîtres.

Rubans, galons et réseaux d'or et d'argent, 5 maîtres.

Rubans de soie, filoselle et fil, 1 manufacture.

Rubans, lacets rubans de soie, 1 fabrique.

Rubans, lacets de fil, laine et coton, 1 fabrique.

Rubans, galons d'or, d'argent et de soie, 1 fabrique.

Rubans de fil, 7 fabriques, 3 fabricants.

Rubans, passementerie et ornements d'or, d'argent et de soie, 4 fa^ briques.

Rubans de velours, 10 passemep tiers,

Salpêtrière, 1 ,

Savonneries de savon noir, 9 manufactures, 3 fabricateurs, 2 far briques, 23 savonneries.

Savonneries de savon blanc et marbre, \ manufacture

Sel, 64 raffineries, 3 salines.

Souffre, 1 fabrique.

Sucre, 9 raffineries.

Tabac en carottes, poudre et en rouleaux, 49 fabriques, 9 manufàc^ tures, 4 fabricateurs.

Tanneries, 149 tanneries, 87 maîtres, 51 tanneurs.

Tapisseries de haute lisse, 2 fabriques

Tapisseries de cuir doré, 2 fabriques.

Tapisseries de toiles cirées et peintes, 2 fabriques.

Tapisseries de papiers peints, 1 manufacture.

Tapisseries de damas de fil, 1 fabrique.

Teinture de tournesol, 1 fabrique.

Teinture d'orseille dit lacthmoes, 1 fabrique.

Teintureries, 74 maîtres, 4 teintureries.

Verreries de bouteilles, 14.

Verreries de bouteilles et verres de table, 3.

Verreries de verres de table, 3.

Verreries de cristal commun, 1-

Vinaigreries, brasseries, 5.

Vinaigreries de bière, 1 brasserie.

Vinaigreries à pressoirs, 10 pressoirs de fruits.

Vitriol, 1 fabrique.

Le prince Charles de Lorraine, grand amateur de la mécanique, encourageait cet art. Des octrois furent accordés aux personnes qui y faisaient des découvertes ou perfectionnaient les machines. C'est ainsi qu'un octroi fut accordé à F. A. Durle, de Linière, inventeur d'une machine nouvelle « pour le » travail des hommes, applicable à presque toutes les ma- » chines, et par laquelle ils agissent avec une grande supério- » rite de puissance pour opérer tous les travaux exigeant des » forces mouvantes. » Un octroi semblable fut appliqué à un nouveau système de pompe, mue par les machines à feu ou toute autre force (1). Pierre Charpentier, à Chimay, obtint

(1) Octroi du 14 mars 1763.

également un octroi pour une nouvelle machine h puiser Teau, et pouvant, sans les secours des machines à feu, donner cent tonnes d'eau par heure, n'importe la profondeur de la nappe d'eau (1). Chaque industrie nouvelle importée en Belgique reçut les mêmes faveurs. Cardinal, de Tournai, obtint un octroi pour l'enlevage des tableaux ; Lannoy, autre Tournaisien, obtint un octroi pour la confection des meubles genre boule.

Comprenant combien il était nécessaire de propager les écrits concernant l'industrie, le gouvernement fit proposer par l'Académie plusieurs questions touchant les perfectionnements à introduire dans certaines branches. Quelquesunes de ces questions, dont nous donnons la nomenclature en note, furent résolues (2).

A l'industrie se rattache intimement l'existence des corps

(1) Octroi du 5 nov. 1755.

(2) Jean-Baptiste de Beunie, Welk is de béate en de onkostbcterste manier van vlasse, gaet*en en de andere vegitahle stoffen swert te verwen, son dat de verw de stoffe doordringt en dat zy reaisteert aen den sleet, zonder nogtans grootelyks de qualityt te vertninderen, gelyk die zeer wel op de animale stoffen geschied , 1772 ; couronné par la société. — J.-F. Foullé, Qiiels sont les moyens de perfectionner dans les prmnnceR dit Belgique la laine des moutons, 1776 ; mémoire couronné par l'Académie. — Norton, recteur des dominicains irlandais à Louvain, répondit à la même question en français et obtint un accessit. — L'abbé Mann, Mémoire sur les diverses méthodes inventées jusqu*à présent pour garantir les édifices d'incendie, lu en séance académique de 1778,, avec supplément. — Zeghers, Quels seraient les meilleurs inoyens d'élever les abeilles dans nos provinces et d*en tirer le plus grand avantage par rapport au commerce et à Véconomie, 1779, mémoire couronné par l'Académie. Norton y répondit en français et obtint un accessit. — W. T. Verhoeven, Historische tijd- en oordeelkundige aenteekeningen met algemeyne aenmerkingen op de zelve, dienende tôt antxvoord op de vraege : hoedaenig mjos den staet van de handwerken en van den koophandel in de Nederlanden, ten tyde van de dertiende en viertiende eeuw? 1777. Mémoire couronné par l'Académie.

de métiers, si antipathiques au gouvernement autrichien. Gomme toutes les autres corporations, les métiers avaient aux yeux de l'État le grand tort de former des associations, toujours prêtes à soutenir leurs droits et privilèges, et souvent intraitables lorsqu'il s'agissait de donner leur consentement aux aides et subsides. Mieux que personne il reconnaissait la difficulté de combattre les tendances d'une association, tandis que les individus peuvent subir les effets de certaines influences. Les métiers, il est vrai, affichaient parfois des prétentions singulières, en suscitant des procès nombreux, en entravant la liberté du commerce et en gênant les industries nouvelles. Sous prétexte de faire disparaître ces abus et mû surtout par le désir d'avoir la main haute, le gouvernement décréta différents règlements destinés aux métiers de Tournai, Namur, Alost, Bruges, Arlon et Luxembourg (1). L'État désirait sans doute un changement radical; mais il comprit qu'il aurait fallu renverser toutes nos institutions et risquer d'essuyer un refus d'aides et subsides. Dans le but de connaître intimement l'organisation des métiers, Cobenzl chargea les magistrats des villes de lui envoyer un précis des statuts de toutes les corporations (2).

La pêche maritime, dite pêche nationale, fut aussi l'objet des encouragements du gouvernement. En 1752, les efforts faits à Nieuport et à Ostende en vue de faire reprendre la pêche du hareng n'eurent d'abord pas de résultat par suite de la concurrence des Hollandais et des Suédois. Cependant des sociétés de pêcheurs avaient été constituées à Nieuport, Bruges

(1) Ordonnance du 21 janvier 1778, 22 déc. 1773; décrets du 2 décembre 1776 et 6 août 1778 dates les plac. de Flandre, t. VI, pp. 257, 260 et 261.

(2) Circulaire du 28 janvier 1761 .

et Ostende (1). Par une première intervention, le gouvernement statua que les associés et intéressés à la pêche maritime à Ostende pouvaient introduire librement de l'étranger les ustensiles et les provisions nécessaires (2).

Par une ordonnance du 17 décembre 1764, le conseil des finances défendit Feutrée du hareng malsain provenant des parages de la Suède (3). Des décrets du 1 mars 1765 et 12 novembre 1766 levèrent quelques entraves imposées au transport du poisson. Toutes ces dispositions et d'autres encore (4), particulièrement le règlement du 31 mars 1770, encouragèrent tellement les armateurs, qu'ils firent tous leurs efforts pour ressusciter la pèche. Comme celle-ci et les pécheurs ne se forment que par le temps et par l'expérience, on devait dépenser des sommes considérables, qu'il fallait récupérer sur les consommateurs. De là des plaintes de la part des provinces qui ne participaient pas, comme celles des Flandres, aux avantages de la pèche, et le gouvernement n'osa plus marcher en avant (5). La pêche se trouva donc dans un état très-précaire. Elle se fit à Nieuport, en 1774, par onze chaloupes employées à la pêche d'été, produisant 2800 tonnes de hareng et 140 tonnes de morue, et par dix chaloupes à la pêche d'hiver, dont le produit fut seulement de 764 tonnes de hareng. A partir de 1774, elle augmenta tant soit peu, et l'on fit quelques tentatives de pêche de la morue d'Islande. Celle-ci fut singulièrement favorisée

[i ) Beaucourt de Noortrelde, Op en ondergank der Brugscheit koop^ handél, p. 3 et suiv.

(2) Décret du5 nov. 1754. Plac. de Flandre, liv. VI, p. 1285

(3) Coutumes et privilèges de Nieuport, p. 386 et suiv.

(4) Ordonnances et décrets du 14 avril 1766, 25 juillet 1766, 16 octobre 1766, 29 mai 1767, 21 décembre 1767, Uv. V. p. 422 et suiv., 27 janvier 1768, 2 mai 1768 (pi. de Flandre, liv. VI, p. 1738

(5) Mém. sur le commerce, p. 305.

par suite de la guerre entre l'Angleterre et la France. Les pêcheurs de Dunkerque et d'autres localités françaises vinrent s'établir à Nieuport, afin d'éviter les corsaires anglais, et y enseignèrent aux Flamands leur métier. Ceux-ci profitèrent si bien de l'occasion, que l'on équipa à Nieuport, en 1780, et en destination de la morue d'Islande, quinze dogres et cinq grandes chaloupes gréées en dogres qui rapportèrent 9165 tonnes de morue (1). Des bancs d'huitres furent établis à Ostende (2).

Une compagnie impériale et royale d'assurance pour la navigation fut érigée par un Anglais à Anvers, en vertu d'un octroi spécial du 29 novembre 1784.

Le gouvernement eut soin aussi de faire publier des dispositions nouvelles en ce qui concernait les banqueroutes (3) et prohiba le colportage (4).

(1) Mém. sur le commerce, p. 272 et suiv. Le gouvernement fit aussi poser par V Académie une question au sujet de la pèche. Verhoeven remporta la médaiUe pour le travail suivant : Aen te ivyzen de soorten van visschen die het gemeyn voorwerp zyn van de vangst, zoo op de kusten dis in de rivieren van Vlaenderen, de mishruyken, die in de visscheryen in zwang zyn, te kennen te geven, met de miâdelen om dezelve te verbeteren. 1780.

(2) Octroi van 1 july 1765.

(3) Ord. du 4 juin 1759. Plac. de Brabant, t. IX, p. 10.

(4) Ord. du conseil des finances des 20 octobre 1761, 8 mars, 9 août 1762, 28 avril 1763, 8 sept. 1764, 26 janvier 1767.

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