‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 102 sur 447 · II. F., XXI, 782, P. Coral · texte numérisé non relu

II. F., XXI, 782, P. Coral

Pendant ce temps, Edward s'efforçait de réunir des secours; le 23 octobre, il écrivit aux sénéchaux de Gascogne et de Limousin et au vicomte de Ventadour de dégager la ville de Limoges \ En outre, il agit près de Philippe le Hardi, qui ordonna tout à coup de poser les armes et qui cita les deux parties à comparaître devant lui, à la Saint-Martin d'hiver.

La sentence du roi de France, dont le texte a été récemment retrouvé % fut prononcée au parlement de la Toussaint : elle obligeait le roi d'Angleterre à abandonner avant le prochain dimanche des Brandons le serment de fidélité qu'il avait reçu des bourgeois; s'il négligeait de le faire, le sénéchal de Périgord l'y forcerait; il devait s'abstenir de combattre en aucune façon la vicomtesse, qui restait en possession de la justice de Limoges. — Philippe III expliqua et développa cet arrêt, très conforme à la jurisprudence antérieure de ses Parlements, dans une lettre particulière au roi Edward ^ ; il lui ordonnait de retirer le bailli qu'il avait placé dans la ville et de reconnaître le droit de justice de Marguerite, son droit de justice armée en cas de rébellion *.

La sentence de la cour ne fut pas exécutée incontinent, et durant plusieurs mois les choses restèrent en suspens. Mais, tandis que la guerre désolait ainsi toute la province limousine, une autre rébellion avait éclaté dans la Gascogne méridionale : Gaston de Béarn avait pris les armes contre Edward ^ Ce seigneur, qui, durant l'expédition de Foix, s'était lié avec la cour de France, était pour les rois d'Angleterre un vassal aussi gênant que Roger Bernard III l'avait été pour Philippe. Cité plusieurs fois à la cour ducale de Saint-Sever pour répondre de ses excès, il fit défaut, et ses gens arrêtèrent à Orthez un messager de Lucas de Tani,

1. Bull. S;oc. Uist. Limousin, XV, 41. Cf. P. Coral, /. c, 782, c.

2. L. Df.msle, Fraym. indd. du registre de Nie. de Chartres, p. 33 (Essai de restitution, n» 192).

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