‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 103 sur 447 · SITUATION POLITIQUE VERS · texte numérisé non relu

SITUATION POLITIQUE VERS

sénéchal de Gascog-ne '. La cour de Saint-Sevor le frappa aussitôt d'une sentence très dure, et, le 2 octobre, il s'engagea à s'y soumettre en livrant Orthez entre les mains de son suzerain ^; mais il n'en fit rien. Le l*"^ novembre, le comte fut encore invité solennellement à comparaître devant la cour de Gascogne; réfugié dans un château fortifié, il s'excusa de nouveau d'y paraître, et une armée fut dirigée contre lui ^

Telle était, à la fin de l'année 4273, la situation politique, Philippe III se trouvait sans contredit dans les conjonctures les plus favorables. Il avait hérité presque pacifiquement de domaines immenses. Il avait coupé les révoltes féodales dans leur racine et déployé contre le comte de Foix une vig-ueur incomparable. Son rival, Edward I", était aux prises avec des difficultés sérieuses et n'osait agir avec trop d'énergie ni contre la vicomtesse de Limoges ni contre Gaston de Béarn, parce que le roi de France était derrière eux; Philippe assistait en spectateur et en arbitre aux embarras du duc d'Aquitaine. — A l'est, il est vrai que la candidature à l'Empire avait échoué ; mais les officiers de la couronne de France s'en consolaient en empiétant continuellement sur les terres d'Empire, qui étaient mal défendues. En 4271, un sénéchal royal était entré dans l'évèché de Viviers pour exiger le serment de fidélité des seigneurs; le temporel de l'évèque de Viviers, qui prétendait ne relever que du royaume d'Arles, avait été saisi malgré les protestations de Grégoire X. En janvier 4273, Philippe avait conclu avec l'abbaye de Montfaucon-en-Argonne * un pariage qui introduisait son autorité à Montfaucon et dans tout le pays avoisinant, le long de la Meuse, à quelques lieues de Verdun. Il y avait placé un prévôt subordonné au bailli de Vermandois; et une enquête faite en 4288 sur l'ordre de Rudolf de Habsbourg ^ constata que ce pariage avait été passé au détriment des droits de l'Empire. D'autres empiète-

1. V. le récit détaillé des origines de la révolte du comte de Béarn, d'après les principales sources, dans Mo.nlezltn, Hist. de Gascogtie, II, 403 et suiv.

2. L'acte a été publié plusieurs fois. Champ., I, 170. — Ryme», P, 133, c. 2.

3. Procès-verbal du 11 novembre. Cuamp., I, 172. — Rymer, p. 134.

4. A. Gn<Y, Docum. sur les rclal. de lu royauté avec les villes, p. 10!).

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