‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 110 sur 447 · Rayn., 1274, n · texte numérisé non relu

Rayn., 1274, n

4. Sur l'ambassade envoyée par Rudolf à Lyon auprès du pape, voy. IIellkr, op. cit., p. 61.

avait exprimé des intentions conciliantes relativement à l'affaire de « rillustre roi de France »,car il était alors menacé à l'est par Ottokar de Bohême. L'intérêt de l'Empereur s'accordait donc avec la volonté du pape, qui était d'unir et d'apaiser. La guerre, en effet, n'éclata pas, et, un an après la promulgation de la bulle qui révèle les incidents de 1274, eut lieu la célèbre entrevue de Grégoire X et de Rudolf, à Lausanne (octobre 1275). Conrad Probus, suivant ses instructions, avait arrangé à Lyon cette rencontre, où la question des rapports entre la France et l'Empire devait être définitivement réglée.

Quelques historiens disent qu'Etienne Tempier, évêque de Paris, était présent au congrès de Lausanne et qu'il y prépara, à son tour, une entrevue entre son roi et celui d'Allemagne *; on ajoute que Rudolf, en revenant de Lausanne, s'aboucha quelque part avec Philippe III, aux environs des frontières de Bourgogne ; là les deux princes auraient conclu sous la foi du serment un traité d'alliance offensive et défensive. Mais ces affirmations ne reposent que sur un seul texte, tiré d'un recueil de formules et d'une attribution douteuse ^; le fait est d'autant moins probable que, pour les mois d'octobre et de novembre 127S, l'Itinéraire de Philippe n'indique aucun séjour en Bourgogne ^

En tout cas, l'intervention du pape fut efficace, car, sans qu'on sache comment, l'orage, qui paraissait si menaçant en novembre 1274, était dissipé à la mort de Grégoire X. Les rapports de Philippe le Hardi et de Rudolf étaient même si cordiaux à cette époque que l'Empereur pria son « très cher ami de prendre sous sa protection l'abbaye d'Orval, au diocèse de Trêves, parce qu'il était celui qui pourrait le plus aisément la préserver de toute injure * ».

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