RELATIONS DE PHILIPPE III AVEC L'EMPIRE
Des deux côtés, pourtant, on avait gardé dos rancunes et des ambitions. Dans un diplôme d'avril 1277 ', l'Empereur se plaignit avec amertume de ce que le roi de France eut essayé de corrompre la fidélité des bourgeois de Besançon à l'Empire; il est en effet assez croyable que Philippe aurait volontiers fait tourner à son profit, à Besançon comme à Lyon, les dissensions de la bourgeoisie et du clergé ^ Son Parlement condamna en 1278 les habitants de la ville impériale de Verdun '\ Malgré ces escarmouches, les deux souverains, obligés de se mesurer avec de redoutables ennemis, l'un en pays slave, l'autre vers les Pyrénées, restèrent l'un vis-à-vis de l'autre indifférents et pacifiques pendant plusieurs années.
Pourtant des luttes sanglantes ayant désolé les Pays-Bas et les Ardennes de 1270 à 1285, comme le comte de Flandre, son vassal, et le duc de Brabant,son beau-frère, s'y trouvèrent mêlés, le roi de France ne se fit pas faute d'imposer son arbitrag'e à des princes d'Empire; mais le roi des Romains eut le bon esprit de ne pas s'en offenser. — L'histoire de cette g-uerre des Pays-Bas, appelée guerre de la vache de Chiney par les chroniqueurs liégeois ^, est très curieuse. En 1275, il y avait à Andenne « joutes de princes »; un certain E. de Jalhay, ayant amené au marché une vache qu'il avait volée à un bourgeois do Chiney, fut saisi par les sergents du bailli de Condroz, ramoné sur le territoire de l'évêché de Liège, et pendu. A la nouvelle de la violation do ses droits, le sire de Gonnos, justicier d'Andonnc, entra on fureur; il pilla Chiney; le bailli do Condroz répondit en brûlant le bourg- de Jalhay, et, en septembre, les hostilités commencèrent. D'un côté, le sire de Gonnes et ses deux frères, de la maison de Beaufort; de l'autre, tout l'évêché de Liège. Dès le début, les gens de Huy abattirent le château de Gonnes; puis celui de Falais fut pris. Mais le fils du soigneur de
Arch. mit., J, 1033, n» 32 : << Suo prediiccto aniico »; cf. Goffinel, Carlulaire de l'ahhaye rTOrval, p. -489.