Jean d'Outreineuse, V, 403 et suiv
Falais vint se plaindre « en l'hostel du duc de Brabant, à Tylemont », et « le duc Jean eut en couvent de li à secourir, car illi ne donroit mie de clies vilains Liégeois un denier », Dans les premiers mois de 1276 il y eut donc une bataille devant Falais entre les hommes du Brabant, venus à l'aide de la maison de Beaufort, et ceux de l'Hesbain ; Jean d'Outremeuse, qui l'a décrite en style homérique, estime qu'elle coûta aux Brabançons 6300 hommes, parmi lesquels trente et un chevaliers et le propre tîls du duc. Après cela, la querelle s'envenima; les comtes de Namur, de Hainaut et de Luxembourg embrassèrent successivement le parti de Jean de Brabant. Leurs adversaires ne furent point épouvantés par la formation de cette ligue de grands seigneurs; loin de là. Le 21 mai 1277, trois armées s'ébranlèrent contre les alliés : le prévôt de Saint-Lambert de Liège conduisait les Liégeois contre le Brabant, les Dynantois marchaient vers Namur, ceux de Iluy et de Condroz vers le Luxembourg. Mais les Dynantois durent rebrousser chemin en apprenant que « li conte de Flandres, à cuy Namur estoit, avoit assembleit grans gens et venoit vers Dynant ».
<c Quand cheas de Dynant entendirent chu, se dossent qu'illi se voloient combattre aux Namurois et aux Flamens. » Nouvelle bataille hors des murs et dans la ville ; nouvelle victoire des bourgeois sur la chevalerie féodale. Lorsque les Huyois et les Liégeois en furent informés, ils s'enhardirent au point d'entrer dans le Brabant wallon et de dévaster tout le plat pays.
C'est alors, selon la chronique liégeoise, que le comte de Flandre alla trouver le roi de France à Paris et lui conta toute l'affaire. « Quand li roi entendit chu, se rist de la vache qui tant avoit costeit,car ilhen étoit mors plus de quinze mille hommes tant d'un cosleit comme de l'autre '. » Il parait certain, cependant, que Philippe III était déjà intervenu à plusieurs reprises pour faire conclure des trêves ^. Ce qui est