MÉDIATION DU ROI DANS LES PAYS-RAS
sur, c'est qu'il avait écrit à l'évôquc de Liège pour le prier de venir à Paris au mois d'août et d'allonger jusqu'à la Saint- Remi l'armistice qui était entre lui et les alliés du duc de Brabant '. Jean d'Outremeuse avance que Philippe, choisi finalement comme arbitre par les deux parties, alla à Liège, puis à Falais, oii il rendit sa sentence, et s'en retourna le 12 septembre. Mais rien ne confirme son dire; le roi était à Paris le 30 août; il y était encore le 20 septembre; comment croire qu'il ait fait, dans l'intervalle, le voyage de Belgique? Les documents officiels attestent d'ailleurs qu'il y avait envoyé pour « moiener » la paix ^ deux de ses familiers, frère Arnoul de Wisemale, de l'ordre du Temple, et G. de Chambli, archidiacre de Meaux. Il y a plus : si l'évêque de Liège s'engagea en août 1277, à Paris, à se soumettre à la décision de Philippe sur tous les différends qu'il avait avec Gui de Flandre ^, c'est seulement le 5 avril 1278 S à Bonne- Espérance, que les comtes de Flandre et de Luxembourg, d'une part, et le même évêque de Liège, de l'autre, compromirent en présence des délégués français entre les mains de quatre arbitres. Au mois de juin de cette année, les comtes et l'évêque nommaient encore des procureurs pour soutenir leurs intérêts devant ce tribunal improvisé ^.
En résumé, les embarras auxquels le gouvernement royal fut exposé du côté de l'Empire, depuis le concile de Lyon, ne revêtirent jamais un caractère de gravité dangereux, et vers 1278 il semblait qu'ils eussent disparu. Ils n'auraient point suffi à empêcher la croisade. Serait-ce plutôt les affaires d'Aquitaine qui ont enrayé le zèle de la cour de France pour les aventures lointaines?
La plus inquiétante de ces affaires était assurément la guerre entre la commune et la vicomtesse de Limoges. Pendant que le concile de Lyon s'assemblait encore, Edward I"