‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 116 sur 447 · Arch. du Nord, B, lui, n" 1 ; B, 152, W · texte numérisé non relu

Arch. du Nord, B, lui, n" 1 ; B, 152, W

était entré à Limoges (10 mai 1274), où il avait été reçu processiomiellement par les bourgeois. Le lendemain de son arrivée, les abbés des principaux monastères l'avaient supplié de s'appliquer à rétablir la paix avec la vicomtesse. Le 20 mai, à l'occasion de la Pentecôte, il avait tenu sa cour dans la ville au milieu d'une certaine affluence de barons et de chevaliers. Il y attendait le retour des messagers qu'il avait expédiés à Paris. Cependant les soldats de la vicomtesse, loin d'être effrayés, ne firent que redoubler d'insolence sous les yeux du roi d'Angleterre; c'étaient des pillages continuels K Le 5 juin, le roi, qui avait chassé quelque temps aux environs, revint à Limoges, où il retrouva ses messagers, qui étaient arrivés les mains vides; ils n'avaient pas pu obtenir de trêve, pas même une lettre ^ Les bourgeois n'en pressèrent pas moins Edward de leur prêter des renforts; mais le roi-duc refusa, vu l'attitude du roi de France, quoiqu'il se déclarât prêt à faire la guerre ou à se transporter en personne auprès de Philippe. Enfin, le 7, les bourgeois jetèrent devant lui les clefs de la ville et le conjurèrent de la défendre. Mais Edward, après avoir délibéré, répondit que, suivant le mandement jadis reçu de France, il les déliait du serment qu'ils lui avaient prêté, et qu'il n'empêcherait pas la vicomtesse de justicier ses hommes. Il partit le lendemain, non sans laisser une garnison pour la défense de la cité.

Un mois se passa en hostilités nouvelles. G. de Valence, oncle d'Edward I", était arrivé le 7 juillet à Limoges, pour aider à la résistance. Des barons anglais l'y avaient précédé la veille; ils étaient au nombre de deux cents hommes cuirassés; il y avait un ingénieur anglais pour diriger l'artillerie. Aixe fut assiégé. C'était une guerre anglaise qui commençait, lorsqu'un courrier du roi de France apporta l'ordre de suspendre toute violence, assignant les parties à comparaître au parlement prochain pour y voir terminer leur procès (24 juillet).

i. II. F., XXI, 783 (Chronic. Lemovic).

2. I/jid. « Niliil fecoriint neque trcugas iaipetrare potuenint, quousque idem dominas Odoardus loquerelur cum rege... Neque sibi rescribere voluili rex Francie. »

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