‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 12 sur 447 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

ciaux sont insuffisants à plusieurs égards, mais ils n'en présentent pas moins, dans un ordre commode, une quantité de pièces authentiques qui sont à peu près les seuls monuments propres à nous renseigner sur la vie particulière des provinces au xiii*^ siècle.

3° En même temps que les archives de France, les archives étrangères doivent être mises à contribution ; c'est, en effet, en s'aidant des documents (|ue tiennent en réserve les dépôts, trop peu connus jusqu'à présent, d'Italie, d'Espagne et d'Angleterre, qu'on parviendra à restituer, autant que possible, et à écrire l'histoire de notre pays.

Pour ce qui regarde particulièrement le règne de Philippe le Hardi, les archives de la couronne d'Aragon et du royaume de Navarre, en Espagne; celles du Vatican et de la dynastie angevine de Naples, en Italie; en Angleterre, le Public Record Office, offrent des ressources abondantes et très nouvelles.

Les archives de la couronne d'Aragon sont conservées à Barcelone; elles comprennent des pièces originales, classées par règne [cartas rcales). et les registres de la chancellerie aragonaise. On a consulté les analyses qui ont été faites récemment du texte des registres, et les extraits qui en ont été publiés ^

Les archives du municipe de Pampelune (couronne de Navarre) possèdent deux registres d'une très grande valeur, le « Cartulaire du roi Philippe III » et le « Cartulaire n" 11 », où se trouvent transcrits les mandements adressés par le prince aux officiers qui, de 1276 à 1281, gouvernèrent la Navarre en son nom ^.

Les registres du Vatican, où sont consignés les actes du Saint- Siège, seraient assurément très utiles à consulter; mais, même aujourd'hui, ils ne sont pas facilement accessibles. Le recueil de Potthast, et les « Annales ecclésiastiques » de Raynaldi, rédigées

1. 1.CARiiM, Gli Archivi e le biblioteche di Spaqna. Parte secunda, fascicolol. (Palerme, 1884.) — A. de Saint-Priest, //wfozVe de la conquête de Naples. (Paris, 4 vol., pièces justificatives.)

2. Notre confrère M. Brutails a bien voulu nous communiquer la description de l'un de ces mss., le « Cartulario del rey d. Felipe ». C'est un volume en parchemin de 30 cent, sur 28, folioté de 1 à 23, écrit en minuscule sur deux colonnes. Voici la rubrique du commencement : « Liber litterarum que directe fuerunt domino gubcrnaLori Navarre et nobilissimo viro domino Hymberto de Bellojoco, constal)ulario Francie, anno Domini iM<'CG''LXX'' septimo. videlicet ante(|uam rccipcretnr pro arbitralore donilnns Ueginaldus, tune temporis gubernator; (juarum litterarum tenorem idem Regin. complevit, proul in litleris maiidabatur. » — Notre confrère M. Cadier nous commnniriue au dernier moment la copie de ces deux Cartulaires, qu'il a rinlentiou de publier dans un prochain fascicule de la Cibl. de l'Ec. des Hautes Etudes.

INTRODUCTION xi

d'après les archives des papes ^ et les collections de copies de la Vallicellane, permettent du reste d'attendre, sans trop de dommage, la publication intégrale des registres de Martin IV, actuellement préparée par le chanoine Isid. Carini. Les actes de Grégoire X et de Nicolas III seront mis au jour ultérieurement.

Quant au Public Record Office, on y trouve de véritables trésors : toute la correspondance de la cour de France avec le roi d'Angleterre, et celle d'Edward l" avec les agents politiques qu'il entretenait sur le continent. Quelques pièces de cette correspondance ont déjà été publiées, soit par Rymer ^ soit par M. Ghampollion ^ d'après les copies de Bréquigny ''; mais dans les Vascon Rolls, dans la collection des Royal Lett ers, dans celle des portefeuilles de la chancellerie {Chatîcery miscellatjeous Poi't folios), dans le Queen's Remem- BRANCER [Realm of France), il y a encore beaucoup de lettres inédites ^. — Les documents relatifs à l'administration des fiefs anglais en Gascogne et en Pontieu sont aussi au Record Office, avec tous les instruments diplomatiques qui ont été dressés, de 1270 à 1285, à l'occasion des querelles d'Edward P"" et de Philippe III.

III. Documents divers. — Les chroniques et les pièces d'archives étant dépouillées, comparées et classées, restent encore une foule de documents utiles : les actes des conciles '"', les procès-verbaux des tournées pastorales des évêques '', les sermons des prédicateurs du temps ^ dont on a conservé, par hasard, deux recueils considérables. Ajoutez enfin la littérature contemporaine, qui est très riche en livres de poésie, de philosophie et de politique, et qui reflète, plus nettement que tout le reste, les caractères de l'esprit public à la fin du XIII'' siècle. C'est pendant le règne de Philippe III qu'ont atteint leur maturité des hommes tels que Roger Bacon, le franciscain

1. Annales ecclesiastici, continuati ab 0. Raynaldo, vol. XIV. (Cologne, 1692.)

2. Th. Rymer, « Fœdera, conventiones, litterae, etc. ». 3e édit. (La Haye, 1743, vol. I, par.s I et II.)

3. Lettres de rois, reines et autres perso7inar/es des cours de France et d'Angleterre, publiées par Cha.mpollion-Figeac. (Paris, 1839, l" vol.)

4. La collection de copies formée par Rréquigny à la Tour do Londres au commencement du xvni" siècle se trouve aujourd'hui à la Bibl. Nat. {Coll. Moreau, vol. 636, 689 et suiv.).

5. Le rev. W. W. Shuiley a publié. deux volumes de lettres, presque toutes inédites, du temps de Henri III, en puisant presque exclusivement dans la collection des Royal letters [Chronicles and nwmorials of Great Britaiii and Ireland, n" XXVIl). Son ouvrage s'arrête en 1272; nous avons essayé de poursuivre au Record Office, jusqu'en 1285, le dépouillement qu'il a commencé.

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