‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 13 sur 447 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

Jean d'Olive, Gilles de Rome, Beaumanoir. C'est alors qu'ont écrit Jean de Meung \ Adenès, le rimeur de la cour de France, Folquet de Lunel ^ et beaucoup d'autres. C'est en 1283, d'après VexpUcit des manuscrits, que Beaumanoir composa ses Coutumes du Beauvoisis; et quand il parle de la royauté et de ses droits, c'est à la royauté de Philippe le Hardi que ses expressions s'appliquent. Si l'on veut introduire quelque rigueur chronologique dans l'étude des institutions monarchiques, il convient donc de ne se servir qu'avec réserve de Beaumanoir pour faire la théorie du pouvoir de saint Louis ou de Philippe le Bel; l'illustre jurisconsulte a décrit le droit public de la société du moyen âge à un moment précis de son évolution, et toutes ses descriptions ne valent exactement que pour ce moment-là, qui correspond, sans contredit, à l'âge obscur de Philippe III.

De 1270 à 1285, il y a eu une grande activité intellectuelle. Elle ne s'est guère manifestée dans le domaine de la politique; mais elle s'est traduite dans les livres qui ont été rédigés alors, par des controverses hardies en matière religieuse, par la curieuse querelle des séculiers et des réguliers de l'Université de Paris. Or, les événements de cet ordre sont au premier chef des événements historiques; aussi bien, la royauté y a été mêlée; et on ne saurait négliger de recueillir avec soin les traces qu'ils ont laissées dans les pamphlets du temps, dans la littérature de polémique et de combat-'.

Telles sont, en résumé, sans parler des monuments iconographiques et des romans ou récits légendaires qu'on a brodés du xW au xvi" siècle sur la trame légère du règne de Philippe le Hardi ^ telles sont les sources de l'histoire de ces quinze années. Il suftit de les énumérer seulement, pour montrer que, loin d'être insuffisantes, comme on a pu le croire, elles sont, malgré de sérieuses lacunes, d'une richesse qui surprend. Le malheur est que les matériaux de cette histoire, difficiles à réunir, n'ont, jusqu'ici, presque point été

1. H. F., XXI, 126. « Ou temps du roy Pliilippe estoil maistre Jehau de Meun, qui fisl le romman de la Rose. »

2. Folquet de Lunel composa on 128 i une satire en vers sur la société de sou temps. E. EiciiKLKstAUT, Der troubadour Folquet de Lunel, Berlin, 1872, p. 26 ss. ; cf. Revue cr/lu/ïie, 1872, p. 110.

3. Voy. par exemple les propositions condamnées, en 1277, par l'évêque de Pari.s, HUjL inu.runa l'utruni, XXV, et les discours de Guillaume de Màcon contre les réguliers, U. N., Int., u" 3120.

4. Voy. » Le livre llaudoyn, comte de Flandres et de Ferrant, filz au roi de Porlingal, contenant aulcunes cronicqucs du roy Pbelip|ie de France et de ses quatre lils ». Imprimé à Cliambéry par A. Neyret, 1181, petit in-f" gothique (li. N., réserve Y, 2). — Cf. » La généalogie avecques les gestes... Godefroy de. Bouillon ». Paris, l'iiilippe le Noir, ia-4i goth., li>23.

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