Fh. Michel, op. cit., p
4. Il fut question au commoncemcnt de 1216 d'une entrevue à Beaucaire entre les rois de France et de Castille. V. un rapport anonyme adressé de Paris à Edw. i" ap. Cuamp., I, 187 (juillet 1276).
PRÉPARATIFS CONTRE LA CASTILLE i05
]'avis de son conseil, il avait voulu tenter encore une fois la voie des négociations pacifiques '. Mais une seconde ambassade avant eu le même succès que la première, les ambassadeurs français délièrent le roi de Gastille dans une dernière entrevue. La guerre, devenue ainsi inévitable, s'annonçait du reste sous les meilleurs auspices; sur quels alliés Alfonse X aurait-il pu compter? Il est vrai que le bruit courait en certains lieux que le roi d'Angleterre, son parent, allait se déclarer pour lui^; mais en réalité, Edward I" avait répondu très froidement aux ouvertures de ce prince^. Quant à l'Arag-on, l'iiéritier du trône avait enfin renoncé à ses prétentions cbimériques à la possession de la Navarre et à la main de la princesse Jeanne ; il venait de passar plusieurs semaines en France, où il avait vu les fils de sa sœur Isabelle, la première femme de Philippe III ; le roi lui avait fait très bonne chère pendant son séjour et l'avait comblé de dons au départ ^; enfin l'abdication de Jayme, son père, l'avait élevé à la dignité royale (juillet 1276), et le soin de son installation, la crainte d'une invasion musulmane l'auraient au besoin retenu.
Philippe III réunit donc une belle armée, qui comptait, selon les on-dit, trois cent mille hommes ^; le duc de Brabant et plusieurs barons d'Empire s'y étaient joints bénévolement. Vers la fin de juillet, le roi alla chercher à Saint-Denis