II. F., XX
l'ost de sâuveterre. traités de vittoria 107
consoler les amours-propres, n'auraient pas arrête l'armée si elle avait été en mesure d'agir; dans l'impuissance oii l'on était, ils fournirent aux chefs des prétextes pour opérer une retraite que les circonstances rendaient urgente *. Seul, Philippe le Hardi, qui voulait absolument entrer en Espagne, résista; mais on finit par lui persuader que la reculade était provisoire, et qu'après s'être muni du nécessaire, l'ost reviendrait au printemps -.
La nouvelle de l'échec de Sâuveterre se répandit avec une rapidité surprenante. Edward I", qui se disposait à passer sur le continent pour ménager la paix, retourna, en l'apprenant, à son expédition contre les Gallois ^ ; à Paris, on en fut très humilié ^; en Flandre, on crut que c'était « du mandement du pape que le roi était retourné en France » ^; en Castille, Alfonse X eut la joie d'en faire part à Robert d'Artois, qui, au comble de la surprise et craignant une trahison, s'empressa de regag'uer la Navarre.
Il ne partit pas si vite, néanmoins, qu'il n'eût eu le loisir de signer avec Alfonse X, à Yittoria, deux conventions fort honorables (novembre 1276). En vertu de la première, le roi de Castille consentait à une trêve avec la Navarre jusqu'à ce que, suivant le for du pays, doua Juana fût en âge de rég-ner; en ce qui touchait les infants de la Cerda, il promettait de faire annuler les serments et les hommages prêtés à don Sanche, et, de Noël en un an, de convoquer une assemblée de ses barons qui trancherait le procès entre les prétendants, avec cotte clause que le roi de France pourrait envoyer des prud'hommes soutenir devant ladite assemblée la cause de ses neveux ". Le second traité stipulait que les rebelles seraient
4. Vov. le discours qu'Anelier place dans la bouche de Jean d'Acre, V. 4839, "ss.