‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 138 sur 447 · Chron. de Jean d'Oidremeuse, V · texte numérisé non relu

Chron. de Jean d'Oidremeuse, V

C. Arch. Nat., J, 599, n» 12 (éd. iMicukl, op. cit.. p. 6.j0).

d08 PHILIPPE III

amnisliés des deux côtés, d'une part Juan Nunès et ses compagnons, de l'autre les bannis de la Navarrerie ^

La démonstration de Sauveterre ne fut donc pas tout à fait stérile, comme on se plaît aie répéter. Malheureusement, les deux traités de Yittoria n'avaient pas une grande valeur. Alfonse X y prévoyait lui-même le cas où don Sanclie et les barons refuseraient d'y accéder ^, et ils allaient naturellement refuser.

Robert d'Artois et ses acolytes assistèrent, dès leur retour en Navarre, à un conseil des chefs de l'armée, composé du gouverneur, des comtes de Foix, de Bigorre et de quelques autres; il y fut convenu que les châteaux des gentilshommes qui avaient trempé dans la rébellion seraient rasés ^ et que l'on exigerait un serment de fidélité des chevaliers de feu don P. Sanchiz * pour achever la pacification. Robert demanda ensuite si son devoir était de rester en Navarre; comme le conseil déclara qu'il ne voyait pas d'inconvénient à son départ, à condition qu'il laissât une partie de ses troupes à E. de Beaumarchais, le comte se hâta de revenir en France, où, dès le mois de décembre, Philippe l'avait précédé.

Il revenait pour jeter dans l'esprit du roi, humilié par la défaite, des soupçons contre son entourage; et dès ce moment commencèrent les misérables intrigues de palais qui aboutirent à la chute de P. de la Broce. Toute l'histoire des années 1277 et 1278 est occupée par les manœuvres subtiles du favori et de Robert d'Artois, véritable chef de ce parti des grands seigneurs sur lequel avfiit rejailli la honte de Sauveterre. Ces querelles byzantines ont été racontées ailleurs ^. Mais pendant qu'elles s'agitaient, les hostilités entre la France et la Castille se trouvèrent en quelque sorte suspendues, grâce à la lassitude des deux adversaires.

1. Arch. Nat., J, 599, n» 14. Les instrumeuLs de ces traités sont conservés • aux Archives nationales : l'iin d'eux est encore muni de cinq sceaux, ceux

d'Alfonse X, du comte d'Artois, de Gaston de Béarn, de frère G. de Villaret, prieur de Saint-Giilcs, et de frère Arnoul de Visomaie.

2. (i Et si coutinReret quod non posscmus facerc revocari per Sancium, filium noslrum, et barones, sacramenta et liomagia facta eidem Sancio... »

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