LA CROISADE
Il semblait donc que l'heure de la croisade fût enfin venue; et il y eut vers cette époque comme une recrudescence d'activité de la part du pape pour hâter le voyage d'outre-mer. Jean XXI déploya alors le beau zèle d'un Grégoire X; l'archevêque de Corinthe vint de Rome réveiller chez Philippe le souvenir de ses vœux ' ; on croyait que le passage allait s'accomplir ^; les lég-ats multipliaient les enrôlements ^ en prévision des besoins prochains. Durant le carême de 1277, on vit dans toutes les cours de l'Europe des ambassadeurs du Khan des Tatars; ces gens, de race géorgienne, promettaient au nom de leurs maîtres, les Tatars, une armée de secours si les chrétiens débarquaient à Saint-Jean-d'Acre *. Mais quoi? malgré toutes les circonstances favorables, l'expédition de Terre sainte fut encore différée en 1277, et l'Orient demeura dans l'attente d'une délivrance qui ne devait jamais venir ^.
La guerre de Castille menaçait sans cesse de se rallumer. L'année 1277, qui, dans les chroniques, parait vide d'événements militaires, vit, au contraire, Philippe le Hardi renouveler des préparatifs de combat. « Nous avons appris, écrivait Jean XXI au légat Simon de Brie, le 3 mars, que le roi de France lève une armée contre celui de Castille; nous te mandons de l'excommunier, s'il persiste, car le concile de Lyon a décrété la paix entre tous les chrétiens ^ » Alfonse X, de son côté, essaya de créer une diversion en fomentant dans la sénéchaussée de Carcassonne une révolte féodale.
La famille des vicomtes de Narbonne était issue de la race