‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 14 sur 447 · INTRODUCTION XIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XIII

dégrossis. La critique s'est fort peu exercée sur les chroniques contemporaines ; beaucoup de pièces d'archives sont inédites ; beaucoup de documents httéraires ont été médiocrement édités; les principaux événements du règne n'ont pas été, pour ia plupart, élucidés par des travaux spéciaux; point de monographies qui puissent servir d'échafaudage à des généralisations légitimes *; en un mot, les textes n'ont été ni publiés, ni commentés, ni appropriés d'une façon convenable pour une étude d'ensemble.

Cependant, on a eu entre les mains, en entreprenant cette étude, d'utiles instruments de travail. Le recueil des Ordonnances de Laurière, qui est très souvent incomplet et fautif, le recueil des Historiens de France (XX à XXIII) et les Olim ont déjà centralisé, pour ainsi dire, les documents essentiels; ils donnent à peu près la législation, la chronique et la jurisprudence du temps. Aces trois collections qui s'éclairent réciproquement, on a essayé d'en ajouter une quatrième, le recueil de la correspondance administrative qui émana, de 1270 à l:28o, de la chancellerie royale; c'est le catalogue de mandements qui se trouve imprimé ici en appendice.

Quant au plan qui a été adopté, il embrasse l'histoire tout entière des années comprises entre la mort de saint Louis et l'avènement de son petit-fils. Sans doute, certaines portions de ce cadre, qu'on s'est efforcé de dessiner complet, resteront presque vides; quelques chapitres ne contiendront que des renseignements clairsemés; c'est qu'on ne s'est jamais permis, comme d'autres l'ont fait, de retracer les antécédents et la destinée ultérieure de chacune des institutions dont on avait seulement à étudier l'évolution entre d'étroites limites chronologiques. L'utilité d'une monographie enfermée entre deux dates précises est justement d'offrir un terme de comparaison très exact à ceux qui traitent du développement total des institutions ^. A la vérité, comme les règnes de saint Louis, de Philippe le Hardi et de Philippe le Bel se ressemblent et se confondent sur leurs bords, on est parfois exposé à dire, à propos de chacun d'eux, des choses qui pourraient s'appliquer également à tous les trois; mais cela sert du moins à démontrer d'une façon très claire la continuité de certaines idées politiques et de certains faits à travers de longues périodes de l'histoire. Ainsi nous avons pensé qu'il était nécessaire d'avoir un plan complet et régulier et d'en

\. Voy. cependant les disscrlations de MM. Moliuier, Heller, de Boislisle, Delamont, etc., (|ui seront citées au cours de cet ouvrage.

2. M. Boularic l'avait compris, mais il n'a pas toujours rempli les promesses de sa itréface. Voy. la France sous Philippe le Bel, p. 1.

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