‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 141 sur 447 · Rayn · texte numérisé non relu

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espagnole des Lara, et, dès le temps de la conférence de Beaucaire entre Grégoire X et Alfonse, le vicomte Aimeri avait négocié le mariage de sa sœur avec un infant de Castille. Les relations entre la cour de Narbonne et celle d'Alfonse X étaient donc très intimes; aussi ce roi, pendant l'été qui précéda l'aventure de Sauveterre, avait-il essayé de conclure avec le vicomte un pacte d'alliance offensive et défensive; mais c'est seulement en février 1277 qu'un certain Sanclio, messager d'Aimeri de Narbonne et de ses deux frères, Amauri et Guilhem, quitta Toulouse pour Vittoria, porteur d'une réponse favorable. Alfonse X, non content des promesses verbales que ce messager apportait, demanda des lettres formelles, scellées du sceau de ses alliés; quant à lui, donnant l'exemple, il leur expédia l'un de ses clercs avec des lettres scellées du grand sceau de Castille. Ce clerc était à Narbonne le 22 mars; jusqu'au 15 avril, il eut avec le vicomte et ses frères des entrevues secrètes et journalières ; enfin, quand les termes de l'acte d'alliance furent arrêtés, un notaire de la cour vicomtale en transcrivit la minute, et le clerc d'Alfonse X reçut un soir les serments des seigneurs de Narbonne dans le jardin desMinorettes qui longeait les bords de l'Aude; ils jurèrent d'assister le roi de Castille envers et contre tous, et particulièrement contre le roi de France. — Quelques jours après, Amauri expliquant à un bourgeois de Narbonne, qui lui avait arraché son secret, le plan de la conspiration, lui dit que c ses mesures étaient prises; si le roi de France entrait en Navarre, son frère et lui armeraient leurs hommes et soulèveraient le pays ^ ».

Ainsi la paix de Vittoria n'avait été qu'un simulacre ; sur les frontières de Navarre, le moindre conflit pouvait avoir les conséquences les plus graves. Il est vrai que, à partir des premiers mois de 1277, la tranquillité régna en Navarre, car Imbert de Beaujeu et le gouverneur avaient extirpé les dernières racines de la rébellion ^ Philippe III ordonna même

i. Sur luiilc celle hisloirc, voy. le iiirmoire de M. A.Molinier, Ilist. f/cn. Long., X, p. 100, suiv.

2. Le cliàtcaii de Monréal donna beaucoup de mal aux Français (Anemei!, p. 327). Cf. Arcli. iniihic. de Pamijcliinr, Curlul. dcl rei I). Felipe, f" U v". lié-

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