‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 142 sur 447 · LA CROISADE · texte numérisé non relu

LA CROISADE

de réduire les garnisons des châteaux et l'efFectif des troupes d'occupation '. En mai, E. de Beaumarchais, qui avait présidé, pour ainsi dire, à la conquête du pays, fut remplacé dans sa charge par Renaut du Rouvrai, chef des arbalétriers de la maison de Philippe III; et le royaume, quoique placé sous un régime militaire, fut administré dès lors comme une sénéchaussée française -. Mais la question des infants de la Cerda demeurait pendante; et la guerre était, de ce chef, tellement imminente que la curie romaine dut faire, pour rempècher d'éclater, des efforts continus et des prodiges d'habileté. Jean XXI confia aux généraux des dominicains et des franciscains le soin de veiller à la paix ^ ; on connaît mal le détail des démarches faites par ces légats extraordinaires, mais le collège des cardinaux, assemblé au mois de juin pour nommer le successeur de Jean XXI, confirma leur mission et les félicita des travaux déjà accomplis *.

Aussitôt que Gaëtano Orsini eut été élu pape sous le nom de Nicolas III, il réitéra (décembre 1277) ^ auprès des rois de France et de Castille les instances de son prédécesseur pour les persuader de compromettre entre les mains des médiateurs

ponse du roi aux suggestions que le gouverneur lui avait envoyées au sujet de l'organisation militaire de la Navarre : « Super hiis et super obsedione Montis Regalis et Clémente de Alueto mittendo in Navarram prout dilecto nostro magistro H. de Virziliaco tliesaurario Laudunensi scripseratis, habuimus cum nostris consiliariis traetatum... » (Paris, 6 mai 1277.)

1. Mand., u" 94. — Don G. Almoravid et ses partisans, qui avaient été compris dans ia trêve de Vittoria, se livraient cependant à des excès déplorables. Ar'ch. nat., J, 913, n» 12. — Cf. Arch. munie, de Pampelune, Cartul. del rei D. Felipe, f" 10. Ph. III au gouverneur de Navarre : « Super eo quod nobis significastis quod Castellani predaveruut et adliuc predant de besliis regni Navarre... » Le gouverneur avait répondu par des représailles : » Et quoniam in litteris vestris contiuebatur quod rex Castelle miserai vobis litteras super capcione rerum arrestatarum in Navarra et vos ei similiter curialiler scripseratis de rébus Navarrorum predatis a Castellanis, responsionem quam habueritis nobis significare curetis. » (Paris, février 1278.)

2. Le roi travailla à panser les blessures de la guerre civile en indemnisant les habitants des bourgs. Yoy. Yanguas, Diccionario de antigucd. de Xnvarra, II, 517, et Fr. Michel, op. cit., p. o4o. — Sur l'adm. de la Navarre, voy. B. N., lat.. 10130, « Comptes de dépenses et de recettes pour la Navarre » (1283-86). E. de Beaumarchais resta toujours* très écouté à la cour de France sur les affaires de Navarre. V. Mand., n" 86 his.

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