‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 144 sur 447 · LE PAPE ESSAYE DE RÉCONCILIER FRANCE ET CASTILLE · texte numérisé non relu

LE PAPE ESSAYE DE RÉCONCILIER FRANCE ET CASTILLE

Le roi cF Angleterre vit sans doute avec plaisir le choix qu'on avait fait de Bordeaux pour cette entrevue; car, débarrassé en novembre 1277, par le traité d'Aberconway, d'une guerre contre les Celtes du pays de Galles qui l'avait empêché jusque-là de se mêler activement aux querelles franco-castillanes, il cherchait déjà, aussi bien que les papes, mais autant par orgueil que par dévouement à la croisade, à tenir la balance entre ses parents du continent. Il était fort lié avec AlfonseX; il lui avait permis récemment de faire construire dans son port de Bayonne * des galées destinées à la guerre contre les Mores; don Sanche et son père lui adressèrent à plusieurs reprises, en avril et en mai 1279, des gens chargés de le renseigner oralement <( sur le fait du roi de France, de la cour de Rome, des Mores et du roi d'Aragon ^ » et de l'incliner à favoriser leurs intérêts.

Alfonse X et don Sanche ne se montraient pas moins empressés auprès du roi d'Aragon qu'auprès du roi d'Angleterre, afin de le gagner à leur cause. Mais là, ils avaient eu d'abord des difficultés à vaincre : la reine de Castille, Yolande d'Aragon, qui était l'appui des partisans des infants de la Cerda, s'était enfuie chez son frère, le roi en Peyre, dès le 8 janvier 1277, en emmenant ses petits-fils; don Sanche avait en vain réclamé leur extradition, et, de ce chef, la Castille et l'Aragon avaient été brouillées pendant quelque temps *. Malheureusement, les bons rapports entre la France et l'Aragon, signalés par le voyage d'en Peyre en 1276, ne tardèrent pas à s'altérer, et les Castillans ne pouvaient manquer d'en profiter pour rentrer en grâce. Le 29 avril 1277, le roi d'Aragon, attaqué par le comte de Foix que la noblesse catalane soutenait contre l'évêque d'Urgel, avait dû prier les sénéchaux français de Toulouse et de Carcassonne de retirer

1. Rymer, I, p. 16S, c. 1. — Cf. un rapport anonyme à Edward 1er gm. \^ construction de la flotte castillane à Bayonne. Rec. Off., Roy. Letters, u" 2105.

2. Rymer, 13, p. 79, c. 2.; p. 80, c. 1, 2. Alfonse X à Edw. 1" : « Mastre Joffre, nostro notario, sabe muchas cosas de nostra facienda, assi commo en fecho del rey de Francia e de los nostras mandaderos de Burdel, c del rey de Aragon et de la frontera e otrossi de nostros vassallos, e de la corte de Roma. '> <mai 1279).

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