‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 143 sur 447 · Rayn · texte numérisé non relu

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que le siège de Pierre leur avait donnés, et de réserver leurs forces pour combattre les ennemis de Jésus-Christ.

Nicolas III prit fortement à cœur l'affaire de la réconciliation; il éleva l'un des médiateurs, le général des franciscains, à la dignité cardinalice; le général des dominicains avait été nommé, de son côté, patriarche de Jérusalem. Il adjoignit à ces princes de l'Église le franciscain Benvenuto près de la cour de France et le dominicain Jean de Viterbe près de celle d'Alfonse X ; puis, comme troisième médiateur officiel, Gérard, cardinal du titre des Douze apôtres. Enfin, il écrivit dans le courant de l'année 1278 aux deux rois, aux deux cardinaux et au patriarche d'assister ou de se faire représenter à un congrès où les conditions de la paix seraient délibérées ; il fixait la date et le lieu de l'assemblée. Le congrès devait siéger dans la ville de Toulouse '.

Il ne siégea pas, parce que, si Philippe III nomma des ambassadeurs pour y assister, le roi de Castille refusa d'imiter son exemple, sous prétexte qu'il n'était pas de sa dignité de traiter dans une ville française. C'était là une défaite maladroite que le pape apprit avec douleur et avec colère ^ Nicolas III, pourtant, ne se découragea pas. Comme les cardinaux médiateurs lui suggérèrent l'idée de convoquer un nouveau congrès sur les terres à demi anglaises de Gascogne, il lança en 1279 des ordres en ce sens; des messagers français s'abouchèrent, en effet, à Bordeaux, avec le patriarche de Jérusalem, le cardinal des Douze apôtres et les représentants d'Alfonse X; mais ils ne s'entendirent ensemble ni sur la paix, ni pour une trêve, et les négociations furent rompues d'un commun accord \

1. Ces détails sont empruntés ù deux bulles de Nicolas III (Uayn., 1278, §24, ss. ; 1279, § 21, ss.), où l'historique de ces négociations, qui n'ont pas laissé d'autres traces, est rapporté tout au long. — Cf. cep. Arch. munie, de Pampelune, Gartul. del rei D. Felipe, f» 17 : Pli. III au gouverneur de Navarre : « Pour ce que nous avons aulroé a nostre père l'Apoustole que nous nous soufrerons de feire guerre au réaume de Castcle juques au primier jour de may procliicu à venir, se il n'estoit ainsi que len nos feist guerre dou réaume de Castele... » (Koueu, 23 août 1278.) — V. aussi ci-dessous, p. 118, note 1.

2. Rayn., XIV, p. 285. Nicolas III à Pli. III (déc. 1278). <> Quam amare tulerimus conlumaciam et contemptuni contra nos... a... rege Caslelie... e.xplicito sermonc dctegimus. >-

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