SisMONUi, Jlint. des Franc., V
EDWARD l^'- ET LE CONGRÈS DE MONT-DE-MARSAN 121
Dax étaient des villes anglaises; le roi d' Angleterre, rebuté, consentirait-il à admettre des étrangers sur son territoire? « Il y aura du danger pour vous du côté de Bayonne, lui écrivaient G. de Gienville et J. de Grailli, car le roi de Castille viendra sans doute au parlement projeté avec une grande suite. Réfléchissant qu'il serait trop tard, au moment de l'entrevue, pour lui interdire l'accès de vos terres (car les Français nous accuseraient alors de vouloir faire manquer la paix), nous nous sommes expliqués sur ce point avec le roi de France. Il a paru nous écouter avec intérêt, et, après un silence, il nous a répondu qu'il vous avait écrit la veille sans réfléchir à cette difficulté; il a bien compris que le roi do Castille ne pouvait entrer dans vos villes avec les siens sans votre assentiment. » (11 juillet.) Philippe avait en effet mandé le 10 juillet en termes affectueux à son cousin d'Angleterre qu'il serait heureux de le voir assister au congrès de Mont-de-Marsan ^ — Edward reçut les deux lettres, celle du roi et celle de ses agents, à Langeley, le 21 juillet, comme il se disposait à visiter pour la première fois ses provinces du Nord. Il no répondit rien à G. de Gienvile et à J. de Grailli, car, moins soucieux de son droit strict que ces fidèles serviteurs, il avait, dès le 15, ordonné aux jurats de Bayonne et au sénéchal de Gascogne de recevoir le roi de Castille à la prochaine Saint-Michel avec les honneurs dus à son rang ^ Auprès de Philippe il s'excusa simplement de ne point se rendre sur le continent, sous prétexte que les grands de son royaume ■' étaient présentement dispersés et ne pourraient être consultés en temps utile.
Le dépit d'Edward I" se traduisit pourtant, non sans amertume, dans sa correspondance avec le roi de France. « Vous savez, écrivit-il, que nous avions désiré travailler de nos
\. Le porteur de ces lettres était Alex, de la Loaise. Rymer, p. 187, c. 1.
2. L. c. — Cf. p. 187, c. 2. Edw. !«■• au prince de Salerne : « A cco, sires, ke vus nus priastes... ke nus comandisum ke le rey de Chastele fust honorablement receu en nostre cité de Baionne, sachez, sires, ke nus le tenons si pur nostre ami ke volons ke il seit receuz e honorez en tous les leus ou nus avons poer e noméement en cest cas, kant il vient pur si graut bien... »
3. Ifj., p. 188, c. 1 (magnâtes per quorum consilium pro majori parle regitur regnum nostrum).
propres mains à la paix et que nous avions envoyé pour cela des messagers en Castillo; mais le roi de ce pays nous trouvant, à ce qu'il nous semble, trop paresseux et trop endormi, nous a dispensé de cette tâche en nous laissant sans réponse K » Ces messagers revinrent d'Espagne en Angleterre au mois d'août; ils rapportaient les instruments des négociations qu'ils avaient entamées. Edward I" envoya aussitôt ces documents à Philippe le Hardi, en lui demandant ses ordres ". — Ainsi, rien ne devait s'opposer à la tenue du congrès en septembre.
Le roi se mit effectivement en route dans les premiers jours de ce mois % mais les opérations diplomatiques ne commencèrent réellement qu'en décembre, à cause des retards d'Alfonse X *. Elles ne justifièrent pas, du reste, les espérances qu'elles avaient fait naître. Pourtant, les deux rois s'installèrent, l'un à Bayonnc, l'autre à Mont-de-Marsan; le prince de Salerne, qui s'entoura de discrètes personnes désignées par les deux partis, à Dax, suivant les conventions ^ Au bout d'une semaine dépensée en pure perte, le prince alla à Rayonne; mais là, il ne put obtenir pour les infants de la Cerda autre chose que le rovaume de Jaèn, qu'ils auraient reçu en fief de don Sanchc'^.