Rymer, p. 213, et Marca Ilispanica, c. 581 et suiv
tout autre objet; le roi de Sicile, qui avait des desseins profonds, y suggéra probablement à Martin IV l'idée de lancer une croisade contre l'Aragon : Martin IV publia, en effet, quelques jours après son passag'e, la bulle qui privait en Peyre de son royaume, jusqu'à ce qu'il eût fait satisfaction à l'Église romaine \ Cliarlcs d'Anjou était à Florence au mois de mars "^ et bientôt à Paris. Quant à son adversaire, il rentra en Aragon, d'où il envoya à Messine sa femme Constance et son fils, pour le remplacer auprès des Siciliens.
Pliilippe III accueillit sans répugnance la folie chevaleresque de son oncle; il s'était empressé de faire faire, à la nouvelle du duel projeté, cent armures pour les champions; il recruta même des chevaliers pour la bataille de Bordeaux, « les plus renommés qu'il eut en son ost, auxquels il aurait bien confié sa vie et sa seigneurie ^ », — Edward I" montra plus de bon sens : non seulement il refusa à la reine Constance de faire cause commune avec les Arag-onais \ quoiqu'un mariag-e fût décidé entre sa fille et l'infant d'Aragon, mais encore il déclina nettement la surveillance du champ clos de Bordeaux, « Sachez, en vérité, écrivait-il à Charles d'Anjou, que, pour gagner deux royaumes comme ceux de Sicile et d'Aragon, nous ne serions gardien du champ de ladite bataille, mais mettrons peine et travail que paix et accord soit entre vous. » Le pape aurait donc pu s'abstenir d'exhorter le roi d'Angleterre, par sa bulle du 5 avril, à ne pas favoriser l'exécution des conventions du 30 décembre ^; mais les traditions ecclésiastiques avaient fait une loi à Martin IV d'élever la voix pour anathématiser l'appel au jugement de Dieu ^
Que se passa-t-il, à la cour de France, entre Charles d'Anjou
1. Rayn., 128:i, s 15-2.") (21 mars). — Cf. le récit de Muiitaner. chap. lxxyiii.