‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 168 sur 447 · Villani. Xlll · texte numérisé non relu

Villani. Xlll

;;. Rymich, p. 206, c. 2. Lettre de V. d'Aragon à Edward V', datée d'Alcoyl, pour l'informer de sa résolution.

DUEL DÉCIDÉ ENTRE LES ROIS D'ARâGON ET DE SICILE '141

pani, il avait été couronné à Monréal par l'évêque de Cofalu; pour son coup d'essai, il avait contraint Charles d'Anjou à la retraite par la seule apparition de sa flotte dans le détroit de Messine.

Comme la venue de Robert d'Artois et de Pierre d'Alençon rétablissait l'équilibre entre les deux adversaires, il semblait que la guerre dût entrer dans une phase décisive; il n'en fut rien. Les rebelles et les Aragonais fuyaient, évitaient le combat. « Lors, dit le chroniqueur de Saint-Denis, le prince d'Aragun, sachant la valeur du roi Charles et la présence des renforts de France, aimant mieux combattre par ruse qu'autrement, pour se préparer à la défense et se pourvoir des choses nécessaires, manda à son rival qu'il était prêt à se mesurer avec lui corps à corps, cent chevaliers choisis de chaque côté, et il l'assigna au 1"' juin suivant, à Bordeaux. La Sicile serait le prix du combat ^ »

G. de Nangis tranche ici avec trop d'assurance une question difficile. Il n'est point certain que P. d'Aragon ait eu l'initiative du défi; les chroniques italiennes et catalanes disent, au contraire, qu'il fut provoqué ^ Quoi qu'il en soit, les conditions de cet étrange appel au jugement de Dieu furent arrêtées, après de longues négociations, par un traité solennel, publié le 30 décembre 1282, qui spécifia dans le plus grand détail le règlement du champ clos ^

Que le roi d'Aragon ait, en effet, voulu gagner du temps, que Charles d'Anjou ait voulu se ménager une raison pour aller en France conférer avec Philippe III, ou que tous deux aient résolu sans arrière-pensée de décider leur querelle par une procédure qui, si bizarre qu'elle fût, n'était pas absurde aux yeux des hommes du moyen âge, c'est ce qu'il est impossible de décider. On sait seulement que Charles d'Anjou, abandonnant la régence à son fils, quitta son royaume au commencement de l'année 1283. Il visita Rome; le pape, selon Nangis, essaya vainement de le détourner de la rencontre projetée; mais il est probable que cette visite eut un

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