‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 171 sur 447 · IMIÉPAIIATIFS DU DUEL DE BORDEAUX · texte numérisé non relu

IMIÉPAIIATIFS DU DUEL DE BORDEAUX

et Philippe III, du mois d'avril au mois do mai? Nous ne sommes renseignés là-dessus que par la chronique de Muntaner, dont le récit, outre qu'il nous apprend ce qu'on pensait en Aragon, ne manque pas de vraisemblance '. La mort du comte d'Alençon, tué en Sicile le 6 avril, avait préparé le roi à écouter aveuglément les récriminations de Charles d'Anjou contre les Aragonais, ainsi que ses conseils. Charles d'Anjou lui rappela qu'il était le frère de son père; que la France n'avait jamais délaissé aucun membre de la maison royale ; qu'il implorait son secours contre des excommuniés. Si Philippe avait quelques scrupules à déclarer ouvertement la guerre à un prince qui, après tout, ne l'avait pas personnellement ofTensé, ces scrupules se dissipèrent aisément. L'entrevue de Toulouse n'avait pas été amicale ; le roi d'Aragon s'était ligué avec don Sanche pour persécuter les infants de la Cerda. Ces considérations amenèrent Philippe III, pendant que continuaient les préparatifs du duel, à envoyer à Martin IV l'évêque de Dol et Raoul d'Estrées pour affirmer au pontife son désir de venger le roi de Sicile et lui demander, à titre de secours, une décime de trois ans sur les terres d'Église ^

Ce fut dans de pareilles dispositions que Philippe s'ébranla au mois de mai, avec une suite nombreuse, une véritable armée, chèrement équipée ^ pour escorter le roi de Sicile jusqu'à Bordeaux. Charles d'Anjou conduisait cent champions choisis parmi les hommes les plus vigoureux; il y avait parmi eux des Italiens, des Français, des Provençaux, et jusqu'à des chevaliers du Ilesbain \ Au jour fixé , ils parurent dans la lice ; le roi de France avait fait dresser ses tentes tout autour.

Ils attendirent toute la journée, mais P. d'Aragon ne parut pas. Il faut avouer qu'il avait d'assez bonnes raisons pour manquer au rendez-vous. D'abord, la convention du 30 dé-

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