‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 172 sur 447 · II. F., XXIII, 344, c. Conlin. Cliron. Rothom · texte numérisé non relu

II. F., XXIII, 344, c. Conlin. Cliron. Rothom

4. Voy. l'histoire dos quatre chevaliers du Ilesbain, et notamment de Ciuilheanie Macleir, (lui, prié par le sénéchal de Ch. d'Anjou de rendre le destrier ([u'on lui avait prêté pour la bataille, coupa les oreilles du cheval et iU, pendre le sénéchal. Chron. de J. d'Oulreineune, loc. cit.

cembre portait expressément que les deux rois ne combattraient qu'en présence du roi d'Angleterre et qu'ils ne seraient tenus de comparaître devant un de ses officiers qu'en vertu d'une nouvelle entente; or, Edward I" n'était pas venu. En second lieu, Charles d'Anjou avait été en quelque sorte autorisé par le pape, s'il était vaincu, à refuser l'accomplissement des conditions attachées à la défaite, puisque les bulles de Martin IV avaient proclamé la sainteté de sa cause. Enfin en Peyre n'avait pas d'illusions sur les sentiments du roi de France à son égard'; et quand G. de Cruylles, son envoyé à Bordeaux, lui annonça que Philippe III accompagnait avec une armée les champions de Charles d'Anjou, il craignit pour sa sûreté. Il est vrai qu'il pouvait compter sur Jean de Grailli, le sénéchal anglais de Gascogne, qui devait être gardien du camp; il est vrai que le roi de Sicile lui avait adressé un sauf-conduit, et que le roi de France offrait de lui délivrer des lettres semblables, corroborées par les serments de tous les barons qu'il avait amenés à Bordeaux ^ Néanmoins, en Peyre ne voulut pas risquer l'aventure ; mais, pour qu'on ne l'accusât pas de mauvaise foi, i' s'avisa d'un stratagème. Il fit disposer des relais des frontières d'Aragon jusqu'à Bordeaux ^ ; sous un déguisement et avec deux serviteurs seulement, il chevaucha si bien qu'il arriva, le 31 mai au soir, à deux lieues du champ de bataille. Le P'' juin, au matin, il appela le sénéchal anglais et, en sa présence, ht attester par un notaire qu'il avait comparu loyalement; puis, après avoir fait le tour de la lice, il s'enfuit dans son pays *.

Philippe III et Charles d'Anjou avaient été joués; ils s'en consolèrent en accusant le non-comparant de lâcheté^; et

1. Voy. la lettre adressée par le roi d'Aragon au pape et aux cardinaux, pour les fléchir, 13 février 128.'5 (Saint- Pbiest, op. cit., IV, 227). « Ut ainovere possimus a corde Sanclitatis veslre obscuruni quoddam quod contra nos concepistis, destinaviuuis nostros nuncios ad vos miUcre, quod nequiviinus nec adhuc secure possumus, quare re.r Frande et rex Carolus patiuntur insidias per oninia loca terrarum earundem per que predicti nunlii nostri haberent transilum facere. »

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