ASSEMBLÉE DE PARIS
les barons, dil qu'il était du même avis. Enfin le roi ajouta : « Je vous remercie de m'avoir donné un bon et fidèle conseil; pour l'honneur de Dieu et de notre sainte mère l'Eglise, nous nous chargerons de cette atTaire, et nous acceptons. » Il convoqua ensuite l'assemblée pour le lendemain afin de désigner le futur roi d'Aragon; on choisit Charles, le second de ses fils.
Quelques jovn\s après, le 27 mars, le cardinal (^holct et Gilles du Chàtelet allèrent trouver le roi, et, en présence de ses deux fils et de tout le conseil, le cardinal lut encore une fois la bulle, en latin et en langue vulgaire; puis il reçut les promesses de Philippe III et de Charles de Valois d'en observer rigoureusement les termes ; pour finir, il investit ce dernier du royaume d'Aragon et du comté de Barcelone, se réservant d'exiger de lui un serment de foi et d'hommage au nom de l'Ég-lise romaine, quand il serait arrivé à l'âge convenable, c'est-à-dire avant un mois.
Le roi d'Angleterre fut promptement informé de ces graves événements. « Il y a du nouveau, lui écrivit Mathieu de Vendôme dès le 2 mars, voyez maintenant comment on pourra rétablir la paix; j'y travaillerais bien volontiers, pour ma part; de grands massacres vont se produire, si votre sagesse n'apporte pas un prompt remède \ » — « Le roi de France..., ajoutait Maurice de Craon, a envoyé à Rome ses messagers pour ratifier l'acceptation, et l'on prêchera la croisade aussitôt qu'ils seront revenus. On ne croit pas que l'on aille en Arag-on avant la mi-carême en un an -. »
Le sort en était donc jeté; ni les efforts combinés de Mathieu de Vendôme et d'Edward I" , ni les supplications du roi d'Arag'on auprès de Martin IV, qui ne voulait rien entendre '\ n'avaient abouti. L'année 1284 tout entière, comme Maurice de Craon l'avait prévu \ fut consacrée à la prédi-