‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 185 sur 447 · MuNTANKR, chap. cxx · texte numérisé non relu

MuNTANKR, chap. cxx

4. Dksclot (chap. cxl, cxli) raconte en détail l'histoire du séjour des croisée en Roussillon. Son récit dilTère sensiblement de celui de G. de Nangis.

Il est certain que, à Salées, à Espira de l'Agly % les croisés avaient déjà commis des excès regrettables ^, quand le sac de la ville d'Elnc acheva de donner à la guerre sainte qui commençait un caractère atroce. Elne était toute dévouée au roi d'Aragon, quoique le roi de Majorque fût son seigneur^; après un premier assaut, ses habitants obtinrent une trêve; mais, comme ils profitaient de l'interruption des hostilités pour correspondre, à l'aide de g-rands feux allumés sur la tour de leur église, avec les Aragonais répandus dans la montagne , le roi ordonna un second assaut ; le légat Cholet «xhorta auparavant les croisés à n'épargner personne, « vu que les ennemis étaient des excommuniés et des ennemis de la sainte Église * ». En effet, on tua tout, femmes et enfants, et la ville fut rasée; elle n'a jamais été reconstruite ^.

La destruction d'Elne (23 mai), exploit honteux d'une armée enivrée d'impatience et de colère, est l'un des épisodes principaux de la croisade de 1285; elle fait date. — Collioure évita le sort d'Elne, grâce à l'habileté de son gouverneur, qui était un ami dévoué du roi de Majorque ®; mais, pendant que les croisés trompaient ainsi leur oisiveté par des conquêtes indignes d'eux, les ennemis postés sur les pentes infranchissables des montagnes les faisaient singulièrement souffrir. Un jour, le comte d'Ampurias attaqua un de leurs convois, et l'escorte dut lâcher pied en abandonnant quinze cents bêtes ■de somme \ « Adonc se conseillèrent les barons par où ils

1. M. Delamont {la Croisade de 1283. Extr. du XXI» Bull, de la Société «cientif. des Pyrénées-Orientales, p. 23). Cf. Mand., n" 109.

2. Garini, p. 82 (Paniçars, 2li mai). Le roi d'Aragon à l'évêque de Girone : « Rex Fraucie, nuUa diflidatione premissa, nostram terram invasit et jam in terris Rossilionis in quibus rex Majorice euni recepit, ablioininabiles crudelitates et neccs nepharias comiseruot génies sue, nedum in laicos, verum et in clericos, religiosos et moniales. »

3. (Paniçars, 23 mai). Le roi d'Aragon à l'université d'Elne.

Page 1