‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 184 sur 447 · Dksclot, p. G · texte numérisé non relu

Dksclot, p. G

4. Gatkl, Illst. des comtes de Toulouse, p. 169. .'i. H. F., XX, o28.

G. Monuin. Germ. hisl., XVIII, 314.

LES CROISÉS EN ROUSSILLON lo5

Le 22 avril, sachant que le flot de la croisade s'approchait de ses frontières, P. d'Aragon avait expédié de Figuières à ses vassaux les ordres les plus pressants. « Comme le roi de France devait venir contre nous, écrivit-il au municipe de Barcelone, nous vous avons mandé d'être prêts avec des armes et des vivres pour quatre mois, sans vous assigner de jour précis; mais nous avons appris que le roi s'avance, et, comme il faut résister virilement, venez sans retard; il y a péril en la demeure \ » En même temps, dès que le roi fut arrivé à Narbonne, P. d'Aragon jugea prudent d'évacuer le Roussillon et de couvrir les passes des montagnes. Le 7 mai, il s'installa avec des troupes aguerries au col de Paniçars - ; il décida que le col de Banyuls serait défendu par le comte d'Ampurias; il mit enfin le comte de Rocaberti à la garde du Pertus ^ De ces fortes positions, les Aragonais pouvaient surveiller la marche de l'ennemi, l'arrêter, et, s'il s'attardait en deçà des Pyrénées, l'inquiéter par des incursions soudaines.

Cependant Philippe était entré en Roussillon (mai 128.j); Jayme de Majorque avait livré aux croisés ses châteaux de la Roca et de la Clusa, mais les villes n'ouvrirent pas si facilement leurs portes. Un détachement chargé d'occuper Perpignan fut repoussé avec perte * ; toutefois, E. de Beaumarchais et le comte de Foix finirent par obtenir des habitants qu'ils admissent chez eux une petite garnison. L'armée se répandit alors jusqu'au Boulon; quelques jours après, sur le bruit que les Aragonais descendaient des montagnes, les croisés retournèrent contre Perpignan et, après y être entrés par surprise, la pillèrent au mépris des conventions antérieures. Telle est la version des chroniqueurs catalans.

1. Arch. d'Arayon. reg. N, "il. f» 77 v". (Carini, p. 74.) Lettres analogues à Gaston de Béarn, aux Templiers et aux Hospitaliers, à l'archevêque de Tarragone, aux Sarrasins du royaume de Valence, aux riches hommes et aux mesnaderii d'Aragon, etc.

2. 11 était le 5 mai à Figuières; le 7, il donna quittance au col de Panii-ars de 40 000 sous de rançon que lui avait payée P. de Calidis, oflicier du roi de Majorque, pris dans Perpignan avec Amaury de Narbonne. (Carim, p. 78.)

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