‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 187 sur 447 · PASSAGE DES PYRÉNÉES · texte numérisé non relu

PASSAGE DES PYRÉNÉES

pouiToient plus légèrement passer les montagnes, car elles étoient si hautes qu'elles sombloient tenir au ciel '. »

Du 3 au 6 juin, le roi, venant d'Elne, s'arrêta à Palau del Vidre. Le 7 ou le 8, l'armée tenta d'enlever d'assaut le col de Paniçars, « fol essai, dit Muntaner, car une foule d'Almogavares fondirent aussitôt sur l'avant -garde, et on voyait rouler les assaillants, hommes et chevaux, du haut de la montag-ne en bas " ». Il fallut reculer; les croisés n'eurent pas ])lus do succès en divertissant pour se venger, au siège de la petite ville du Boulou que défendait une femme nommée ?s'Aligsen 'K Deux ou trois jours s'étaient écoulés, et l'armée était à peine consolée de ces échecs, quand quelqu'un découvrit un sentier que l'ennemi avait oublié de garder^ « voie étrange, dit la chronique de Saint-Denis, pleine d'épines et de ronces ^ » ; c'était le col de la Maçana. Le comte d'Armagnac et le sénéchal de Toulouse avec trois mille hommes, accompagnés d'ouvriers pourvus de pieux et de haches, s'y engagèrent pendant la nuit; au matin, ils étaient maîtres de la position; une route fut pratiquée, assez large pour permettre le transport des bagages. Le passage eut lieu probablement du 10 au H "; pendant qu'il s'opérait, les Aragonais surpris se replièrent en bon ordre vers L'intérieur du pays.

Philippe III attendit au monastère de San-Quirico, au pied des montagnes, que toute sa chevalerie fût réunie et que sa flotte, avec les approvisionnements, fût arrivée devant le port de Rosas. L'armée s'ébranla ensuite de San-Quirico à Gariguela; de là par Yalguarnera et Puyamilot, elle traversa un vaste plateau de terres labourées, où elle put se développer en ordre de bataille ; en Peyre, qui l'observait de Peyralada, fut confondu de sa multitude. Mais la terre d'Espagne a toujours

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