Voy. livre II, cliap
3. La Faille, Annales de Toulouse, vol. I, preuves. » Staluta de modo procedendi ia saisimento totius terre que fuit Raymondi VII, quondam comitis tholosaui. »
i. llist. gén. Lang., IX, p. 4 et suiv.
receveur, des recettes de l'année précédente, de l'année courante et de l'état des domaines. G. de Cohardon se chargea de parcourir toute la région pour recevoir les serments de fidélité, de saisir tous les châteaux et les villages qui avaient été confisqués pour crime d'hérésie, et d'informer au sujet des domaines aliénés depuis la paix de Paris, parce que l'héritage de Raymond VII devait revenir à la couronne tel qu'il se comportait à la date de ce traité. Les terres aliénées seraient placées sous la main du roi. ■/•
Ce programme fut mis à exécution; et comme La Faille nous a conservé « le procès-verbal de prise de possession du comté de Toulouse qui se voyait autrefois aux archives du domaine de la sénéchaussée de Carcassonne », on suit aisément l'itinéraire de G. de Cohardon. Le 8 octobre, dans le cloître des Frères Prêcheurs de Toulouse, il fit prêter le serment de fidélité aux consuls de la ville et à plus de quatre cents barons de la contrée avoisinante , parmi lesquels étaient Sicard Alaman, les comtes de Comminges et d'Astarac, et le vicomte de Lautrcc. Le 9, l'évêque de Conserans fit hommage au représentant du roi pour sa ville épiscopale. Puis, le sénéchal de Carcassonne, jusqu'à la fin de novembre, visita les environs, Bclleperchc, Castel-Sarrasin, Moissac, Villemur et Buzet. Villes et barons jurèrent entre ses mains d'être fidèles au roi de France comme à leurs anciens comtes (( sous la réserve de leurs coutumes ». Nulle part, les commissaires ne trouvèrent d'hostilité; au contraire, certaines villes, comme Moissac, qui, du temps d'Alfonse, regardaient déjà vers Louis IX \ avaient écrit directement à Philippe III, dès le mois de septembre, pour le prier de les recevoir et de les garder sous sa protection ^ Cohardon, « régent pour le
i. Arch. Tarn-et-Garonne, G, 5't6, n" 147 (Asc. 1270). Lettres des habitants de Moissac à la comtesse Jeanne. " Sciatis nos qui vestri sumus honoris zelatores a tanto gravamine ad iilustrissimiim dominum regem Francie velle, si aliud facere non possimus, interponerc appellacioneni. »
2. Ilisl. ffcn. La/if/., X, jn'. c. 87. •■ Qnoniain inclyte famé celebritas, per orbem terrarnm dilTiisa, regnum Francorum et dominium super alia régna fidelium tanquam nobiiissimum nierito preferri prédicat, et nos, uti corpus sine capite, popuius sine principe, oves sine pastore, amisso domino, ad V. Maj. celsitudinem lotis desideriis tanquam ad tutum refugium occurrentes, suppiicamus, etc. »
« SAISIMENTUM COMITATUS TOLOSE » 171
roi du Toulousain et de l'Agenais ' », faisait crier partout en langue vulgaire défense aux seigneurs d'établir de nouveaux péag'es et de justicier dans les bastides construites depuis la mort de Raymond YII -.
Cependant le roi avait envoyé de Paris de nouveaux commissaires a latere, pour veiller à ses intérêts et diriger le saisimentum. C'étaient Florent de Varennes, chevalier, et Guillaume de Neuville, chanoine de Chartres. Après avoir passé au Puy, où ils acquittèrent un vœu que Philippe III avait fait à Notre-Dame pendant son séjour à Carthage, ils reçurent à Castelnaudary, le 17 décembre, l'hommage des vassaux de cette baylie. Les deux « lieutenants du roi » se transportèrent ensuite à Toulouse, où, le 20 décembre, ils assemblèrent les consuls et les habitants dans la maison commune. Sicard Alaman, le vicomte de Bruniquel, Jourdain de risle et le sénéchal de Carcassonne étaient présents. La cérémonie de la prestation du serment de fidélité fut renouvelée officiellement; elle continua pendant plusieurs jours, tant était grande l'affluence des vassaux du Toulousain. Ils jurèrent tous de travailler à l'extirpation de l'hérésie. Les notaires du comté promirent aussi de remplir fidèlement leurs charges; ils s'engagèrent à remettre avant le carême do 1272 les actes relatifs à l'aliénation de parcelles de l'ancien domaine du comte Raymond qu'ils conservaient dans leurs archives.
Il est certain, quoique les procès-verbaux en aient été perdus, que des cérémonies pareilles eurent lieu dans l'Agenais, le Quercy, le Rouergue, l'Albig-eois et le Venaissin ^. F. de Varennes et G. de Neuville se préoccupèrent en outre de faire l'inventaire de la succession d'Alfonse, c'est-à-dire de dresser la liste exacte des droits et des possessions [jura et 2)OSse.ssione.s) des comtes \ afin d'empêcher toute prescription
1. « Regens pro domino rege comit. Tholos. et terram Agennensem. » Arck. Tarn-et-Gar., G, 538, n» l {26 novembre 127!).
2. B. N., Coll. Bout, LXXXVII, f» :50. Proclamation faite dans la ville de Montauban.
3. Cf. Hist. fjcn. Lan;/., IX, p. 7. — De même en Auvergne; voy. nne charte du cliapilre de Saint-Julien {Arck. Nat., JJ, XXXa, f° 141).
4. Voy. A)ch. Nul., JJ, XXV, registre intitulé : Jura et possessiotics domini
contre le roi; ils travaillèrent ainsi à former le pouillé des nouveaux domaines de la maison capétienne. Labeur immense, qui nécessitait des enquêtes minutieuses, car les commissaires se heurtaient sans cesse à des usurpations anciennes ou récentes. L'année 1272 y fut consacrée tout entière. Mais des réclamations si vives s'élevèrent au cours de cette opération que Philippe, au commencement de l'année 1273, expédia dans le Midi deux de ses clercs, Foulques de Laon et Thomas de Paris, pour connaître des revendications que des particuliers se croiraient en droit d'exercer contre la couronne, et aussi de celles que M" Gilles Camelin, l'ancien «1ère du comte de Poitiers, devenu procureur du roi de France, poursuivrait au nom du prince, soit au civil, soit au criminel. Le 16 janvier, la cour étant à Valeri, Foulques de Laon reçut du garde des archives royales, avant de s'éloigner, des registres et des cahiers propres à le guider dans sa tâche '. On a conservé un registre qui contient quelques-uns des arrêts que Foulques do Laon et Thomas de Paris prononcèrent en 1273 et en 1274 \
- D'ailleurs, le g'ouvernement de Philippe le Hardi tenait autant à ne pas mécontenter les populations méridionales qu'à sauvegarder ses droits ; aussi, des procès que soulevait son procureur, le roi en termina beaucoup par des transactions amiables % ou par des concessions volontaires \ Très soucieux de se ménag-er la bonne volonté des anciens sujets
régis in partibus tholosanis. M. CC. LXX. II. — Sur les pouillés des Élals d'Alfon?e, Uist. gén. Lang., VII, 312, col. 1.
1. Arch. Nat., JJ, XXX^ f» 218. ■< Anao Domini M. CC. LXX. H, die lune ante festum beati Vinccntii, apud Valeriacum, tradidinuis domino Fiilconi de Loduno, arcliidiacono Pontivi in ecclesia Ambiauensi, profectiiro ad i)ai'les tholosanas sex volumina rcRistrorum An...l... R[aymuiidi] [(lujondani comitis Pict. et Thol., et sex quaternos non ligatos ad del'erendnm set'um. »
2. Arch. Nat., KK, 1228; Musée des Arch. Nat., n» 281. Sur ce registre, voy. Ilisl. gdii. Lang., IX, p. 27.
3. Accord avec l'évêquc de Toulouse ou Philippine, Arch. de la Haute- Garonne, G, 100 (diplôme orig. sans sceau), septembre 1279, publié par La Faille, Annales de Toulouse, II, 111. — Accord avec Sicard Alaman le jeune, ■au sujet des usurpations que son ptre était accusé d'avoir commises, pardevant Foulques de Laon et Thomas de Paris (août 1270). Ap. Caiiié et Mazens, Carlulaire des Alaman, p. 16. — Accord avec les consuls de .>lillau en Uouergue, B. N., Coll. Doat, CXLY, f" 55, etc.