POLITIQUE DU KOI VIS-A-VIS DES PROVINCES DU MIDI
des comtes, le roi confirmait volontiers les vieux privilèges^ les franchises locales ; il vidima et garantit les chartes de Saint-Jean-d'Angély ', de Saintes -, de Niort ^, de Poitiers *; celles de Riom % d'Issoire " en Auvergne. Dans leurs rapports avec la grande cité de Toulouse, ses officiers « n'apportèrent jamais l'àpreté de ceux du comte Alfonse "^ »; ils cherchèrent au contraire à éviter « toute cause de conflit », Cette politique, à la fois ferme et souple, facilita singulièrement l'œuvre des délégués royaux. Les domaines particuliers de la maison de Toulouse passèrent ainsi, sans déperdition sensible, aux mains des rois de France ; les agents du prince s'employèrent ensuite à les arrondir et à les relier par des achats de terres bien combinés. Eustache de Beaumarchais et le trésorier de Philippe III in partibus tholosanis passèrent à cet effet d'innombrables transactions ^. Les sénéchaux royaux fondèrent dans le pays des bastides fortifiées afin de pourvoir à sa sécurité '. Les bastides, villes neuves qui tenaient tout du prince, leurs armes, leurs chartes, leur nom, leur existence même, jalonnèrent bientôt les terres royales du Languedoc et de la Guienne.
En 1272, E. de Beaumarchais, qui fut un grand bâtisseur de bastides, fonda au nom de Philippe III celles de Rimont ^^ et deMontréjeau {mons regalis)^^ dans le comté de Toulouse,