IV INTRODUCTION
frappantes; mais il n'est pas nécessaire, comme on voit, pour les expliquer, d'établir entre ces chroniques des rapports de filiation '.
Guillaume de Nangis et Primat sont les principaux historiographes du règne; mais leurs récits, très précieux du reste, sont recouverts de la phraséologie froide et apprêtée qui était familière, au XIII'' siècle, aux écrivains de Saint-Denis. Plus naïf et plus vivant est, dans la narration des épisodes qu'il ajoute à l'œuvre des annalistes officiels, l'auteur anonyme d'une chronique française dont le témoignage mérite une grande confiance ^ Il a rédigé son travail sous le règne de Philippe le Bel et probablement avant 1297; il s'est servi, lui aussi, des notes de l'abbaye de Saint-Denis; souvent même il se contente d'abréger Nangis, mais il a illustré son travail de détails originaux, et ce qu'il a emprunté, il l'a traduit en fort bon style.
Au groupe des chroniques dérivées de l'historiographie de Saint- Denis, il faut joindre celui des grandes compilations historiques du xiv" siècle, qui contiennent parfois, en même temps que le résumé du livre de Nangis, des renseignements qui ne nous ont pas été transmis autrement et dont la source est inconnue'. Ce sont les '( Fleurs des chroniques » de Bernard Gui '', la continuation de Girard de Frachet ^, la chronique attribuée à Jean Desnouelles '^, les recueils versifiés de Guillaume Guiart, de Philippe Mousket, et quelques abrégés anonymes \
Toutes ces chroniques renferment l'histoire générale du règne; à côté d'elles, les chroniques locales ou provinciales du xiii'' siècle apportent leur contingent de faits. Sans doute, rédigées presque toutes par des moines qui ne savaient rien du monde, elles ne nous apprennent pas toujours ce qu'elles devraient nous apprendre; mais les annalistes provinciaux ont vu du moins certains événements particuliers se passer autour d'eux; de plus, ils ont aperçu les faits généraux sous un certain angle : ils accusent, pour ainsi dire, la notion que les hommes de leur pays ont eue de l'histoire contemporaine, et, à ce titre, ils sont dignes de l'étude la plus attentive.
Or, il existe une chronique parisienne, celle de Saint-Magloire ®;