Fondée par E. de Beaumarchais. (C. S., p
12. C. S., p. 264. L'acte d'hommage du comte de Pardiac à Philippe 111 stipulait qu'aucune bastide royale ne serait bâtie sur ses terres sans son consentement. Arch. Nat., J, 190, n» 60. — Cf. Coll. Doat, CLXXHl, f» 198 : « In dieto comitalu non faciemus bastidam seu villam novam ncc aliquid acquiremus ibidem per douationem absiiue comitis voiuntato. »
PHILIPPE m ET LE MIDI 175
prise par les agents de la couronne, dura jusqu'en 1285. Jusqu'à la fin du règne, en effet, il y eut des procès entre le procureur du fisc et les barons, les villes ou les évèques des domaines d'Alfonse, au sujet de la délimitation de leurs droits respectifs '. Il y eut jusqu'à la fin des acquisitions de terres et des pariages. Mais, à l'avènement de Philippe le Be), non seulement l'annexion était accomplie au point de vue domanial, mais encore, grâce à l'administration conciliante des sénéchaux ou des enquêteurs, Gui de Boy, Simon de Coudes, Pierre, doyen de Saint- Martin de Tours, l'autorité politique du roi de France s'y était implantée sans effort. Si les derniers troubadours de la Provence avaient déjà salué, en 1270, le fils de saint Louis de souhaits de bon augure, la nationalité du Midi abdiqua de bonne grâce en 1285 par la bouche de Bernard d'Auriac, qui célébra le triomphe de la langue d'oil et des fleurs de lys ^'^
Il est vrai que Philippe le Hardi ne garda pas tout l'héritage d'Aifonse et de Jeanne, On a déjà dit que, plus disposé, comme Louis IX, à rester en deçà de son droit qu'à l'outrepasser, il céda le Venaissin au Saint-Siège, l'Agenais au duc d'Aquitaine ^; il se montra aussi très diligent à exécuter les legs en argent du testament de son oncle, si onéreux qu'ils fussent*; mais les prétentions de Philippa de Lomagne sur les acquêts de la comtesse Jeanne et de Charles d'Anjou sur le Poitou et sur l'Auvergne furent rejetées sans faiblesse.
1. Voy., par exemple, les procédures entre le procureur du roi et la ville de Verdun-sur-Garonne {Arch. munie, de Verdun-sur-Gar., Dd, 2, 3, 4), 1280. — Procès au sujet des châteaux de Montirat et de Lagardeviaur, Mëm. Soc. archéol. Midi, XII, 313 (1280). — Le Parlement maintenait les officiers du roi dans la saisine de tous les droits dont avaient joui les officiers d'Aifonse. B. E. G., XLVI, 445. — Toutefois, les biens des hérétiques échus au comte par encours étaient laissés aux détenteurs, si le comte les avait aliénés. Olim, I, 920.