Voy. ci-dessus, p
4. BoKTARic, Alf. de Poitiers, p. 119. — L'exécution de ce testament [Arch. Nat., K, 33. n» 14; cf. une reproduction insérée dans un mandement de janv. 1276; Br. Mes. Add. mss. 17308, f 1) a donné lieu à beaucoup d'écritures; plus de cent chartes ou mandements de Philippe III sont consacrés à ordonner la délivrance des legs, ou à les assigner en rentes sur telle ou telle prévôté. Arch. Nat., J, 162, n» 58; J, 191, n» 104; J, 229, n» 20; J, 303; J, 422, n»' 16, 20; J, 734, n» 18; JJ, LIX, f° 336. Cartiil. de Notre-Dame de Chartres. Il, 200, etc. — Cf. ci-dessous, p. 385, note 1.
PIlilippa, nièce du vicomte de Lomagne et belle-fille du comte de Périgord, se réclamait du testament de la comtesse, rédigé en sa faveur; mais, après enquête faite par le sénéchal d'Agenais sur l'importance des acquêts de la testatrice et sur son droit d'en disposer \ le Parlement refusa d'accueillir la demande ^ Le roi de Sicile alléguait « qu'il était plus proche parent du comte Alfonse que le roi son neveu, et que le Poitou et l'Auvergne avaient été en quelque sorte la pari de sondit frère dans la succession de leur père ^ » ; mais le procureur du roi rétablit devant la cour la vraie théorie juridique en s'appuyant sur les principes de l'indivisibilité de l'héritage royal et de la réversibilité des apanages à la couronne, en cas d'extinction de la postérité masculine. Le 1" mars 1284, dans une séance solennelle à laquelle les rois de France et de Sicile assistèrent, le Parlement débouta Charles d'Anjou de ses audacieuses réclamations. Cet arrêt a fait depuis jurisprudence sur un point très important du droit public de la monarchie.
En somme, Philippe le Hardi n'eut qu'à recueillir dans le Midi ce que Philippe-Auguste et saint Louis avaient semé; il prépara au contraire la réunion des domaines de la maison de Champagne à ceux de la maison de France, qui s'opéra entre les mains de Philippe le Bel. C'est par ses soins que la France et la Navarre s'épousèrent pour la première fois *. Ce mariage, très heureux pour la dynastie, entraîna, à la vérité, de grandes dépenses, car Philippe, nous l'avons vu, fut obligé d'administrer et de défendre la Navarre au nom de sa belle-fille; mais n'oublions pas qu'il perçut, pour y subvenir, les revenus de ce pays, et que, prévoyant leur insuffisance, il se réserva on outre la jouissance directe de la chàtellenie de Provins jusqu'à concurrence de ses déboursés, si bien que l'acquisition du nouveau royaume ne coûta pas