‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 213 sur 447 · PHILIPPE LE HARDI A MONTPELLIER · texte numérisé non relu

PHILIPPE LE HARDI A MONTPELLIER

Mais les gens de Jaynie ne se pressèrent point d'exécuter les ordres que le sénéchal de Beaucaire, en vertu d'un mandement royal du IG août 1281, leur signifia au sujet de ces décisions. Trois sommations (la dernière est datée du 17 janvier 1282) restèrent sans effet *; il fallut employer des moyens plus énergiques. « En 1282. dit la chronique locale % vers Pâques, le sénéchal de Beaucaire fit grandes demandes à Montpellier : il demandait les seconds appels ; il voulait que les notaires missent au bas des actes : <( Reinhant Phelip, « rei de Fransa », et qu on ne rejetât plus parisis ni tournois, si usés qu'ils fussent ^; et comme on ne voulut pas accorder ces demandes et d'autres qu'il faisait, il fit ajuster un très grand ost à Nîmes et à Sommières. » Il allait envahir la seigneurie, quand des députés de la ville de Montpellier lui présentèrent une lettre close de Philippe III, datée du 31 mai^ qui accordait à ladite ville une trêve dun mois jusqu'à ce que le roi de Majorque eût été averti que, si Montpellier persistait dans sa résistance, la guerre lui serait déclarée '*. Jayme de Majorque fut effrayé. Le 13 juillet, son procureur Arnaut, baile de Montpellier, eut une entrevue, à Nîmes, avec le sénéchal G. de Pontchevron ^. Le baile protesta que les ordres du roi de France avaient été exécutés ; il offrit de le prouver et même d'admettre le sénéchal dans Montpellier afin qu'il en constatât l'exécution; il demanda, en revanche, que l'armée concentrée à Nîmes fût licenciée. G. de Pontchevron répondit que, du conseil des barons et autres prud'hommes de sa sénéchaussée, il avait décidé que, vu la désobéissance manifeste des officiers du roi de Majorque, la juridiction de Montpellier se trouvait dévolue au roi de [France quant à

1. Arch. municip. de Montp., H, 3, « Carta del ters comandament fach per lo senescalc. »

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