PHILIPPE LE HARDI DANS LE ROYAUME D'ARLES
menls de la vieille Gaule, découpée d'une façon si bizarre pendant les temps féodaux, se rapprochaient et s'agrégeaient peu à peu.
Los choses ne se passèrent pas autrement en Vivarais. Au début du règne, le sénéchal de Beaucaire avait produit sur ce pays les mêmes prétentions que son prédécesseur du temps de Louis IX *. En 1280, G. de Pontchevron se rendit à Viviers avec les officiers de sa sénéchaussée et y reçut la montre des hommes d'armes du pays ^; il fut excommunié par l'évêque, mais l'analhème resta sans effet; car, le 14 novembre 1284, G. d'Amplepuis, au nom du roi, fonda en Vivarais la Villeneuve de Berg- ^ En vain l'empereur Rudolf intervint par une lettre de remontrances qu'il adressa vers 1285 à Philippe III * pour lui opposer la modération de son père. Dès 1286, l'évêque de Viviers céda, et les efforts des officiers de Philippe sortirent, sous le règne suivant, leur plein et entier effet.
En résumé, le gouvernement de Philippe III a gagné constamment tant au dehors qu'au dedans ; mais peu importe de gagner, si l'on ne sait pas conserver ou aménager habilement ses acquisitions.
L' « Abrégé chronologique » du président Hénault place en 1275, à Montpellier, une assemblée imaginaire des princes de l'Europe où l'on aurait décidé que le domaine propre de toutes les couronnes serait désormais inaliénable. Si erronée que soit cette tradition, elle est significative. C'est à la fin du xni*' siècle que les rois, appréciant la valeur de leurs terres patrimoniales, en devinrent plus économes ^. Philippe le Hardi, en particulier, ne les gaspilla pas en larges distributions d'apanages. Les membres de la famille royale furent pourvus sans qu'il en coûtât rien à la couronne, tandis que Louis VIII avait encore donné à ses cadets des fiefs très vastes. Le roi octroya, en effet, à son frère Pierre d'Alençon six mille livres de rente
1. Ci-dessus, p. 77. — Cf. Helleiî, Deutschland und Frankreich, p. 92.