Van IIassklt, Li roumans de Cleomadès, v. 124 ssq
... Moult honnorèrent Roi Marcadigas et arriérent, Car moult fut sages et vaillans Et dous et cortois et loiaus Et dou cors hardis et vassaus...
Il était doué, en effet, des vertus d'honnête homme et de bon chevalier dont le moyen âge exprimait l'ensemble par le mot (( prud'homie ». Il avait des mœurs pures, quoique la calomnie ait mordu sa réputation de chasteté ^ ; surtout, il était, comme disaient Charles d'Anjou et Adenès, droiturier et débonnaire ^ Débonnaire, c'est-à-dire modeste, patient et généreux. Sur ce point, tous les témoignages sont d'accord. « Il parlait avec douceur, dit G. de Nangis, sans nulboban et sans nul orgueil '■^ » ; les injures réchauffaient et le jetaient dans de grandes colères % mais il s'apaisait à la réflexion et il pardonnait aisément ^; à la prise d'Elue, c'est lui qui ordonna d'épargner le bâtard de Roussillon, chef des défenseurs de la ville, que le légat Cholet voulait faire tuer '^. Il était humble avec les clercs. Il avait même, s'il faut en croire Anelier '', cette fleur de la modestie' qui est la timidité. Il suivait, en un mot, la règle de conduite morale que saint Louis, à son lit de mort, lui avait léguée par écrit; c'est du moins ce que permettent de conjecturer le langage des contemporains et les rares circonstances où, de 1270 à 1285, nous voyons le roi agir en
1. Il parait eu effet que le bruit public attribuait au roi des habitudes contre nature. Arch. Nat., J, 429, n" 1. « Li roi li dist [au légat] que l'en li avait mandé de Flandre que uns chanoines de Laon... le diffamoit moult vilenement de pechié contre nature, et disoit.... que II. saintes femmes qui estoient en la dyocese dou Liège dun l'une a nom Aaliz, et est mesele, e l'autre a nom Isabelle de Sparbeke, li avoient dit que li rois estoit entechiez de ce vice. — Et demanda li roi au légat « se il en avoit ouques oï parler ». — Et il dist que « oil ».
2. AiNEUiin, Guerre de Navarre, v. HG9 : « al bon rey dreytureir ».