PHILIPPE LE HARDI ET LE DUCHÉ DE BOURGOGNE
au contraire que la disposition crUugues IV en faveur de son troisième fils était valable'. Mais la rivalité des trois Robert et le partage de la succession n'en continuèrent pas moins pendant des années. Ce partage intéressait les plus grandes maisons de France, celle de Cbàlon, de Champagne, de Bretagne, de la Marche, de Bourbon, où étaient entrées des filles de Bourgogne. Robert, jugeant que les libéralités de son père avaient été excessives, ne s'empressa point de délivrer les donations qu'il avait faites; il pensait qu'exécuter le testament, c'était « démembrer le duché de Bourgogne d'une façon intolérable et contraire à la coutume de France ^ »; mais les intéressés présentèrent d'âpres réclamations dont le roi fut naturellement appelé ta connaître. En septembre 1276, le duc et la duchesse douairière passèrent un compromis au sujet de leurs prétentions respectives ; Philippe III était désigné comme tiers arbitre ^ En 1277, Philippe fut encore laissé maître, du consentement des deux parties, de décider entre le duc Robert et le comte de Nevers qui demandait la part de sa femme. On a la sentence royale \ qui satisfit tout le monde : au comte et la comtesse de Nevers, elle adjug-eait de vastes territoires qu'ils demandaient inutilement depuis cinq ans; elle dispensait cependant le duc d'observer les volontés d'Hugues IV dans toute leur rigueur; ainsi, au lieu de se dessaisir de la baronnie d'Autun tout entière, il n'était obligé d'en céder que le tiers.
De 1277 à 1280, Robert conclut des conventions avec la plupart des héritiers, mais il ne s'exécuta pas vis-à-vis du comte de Nevers, si bien qu'un nouveau traité, passé en présence du roi, (|ui y donna son agrément, intervint entre les deux princes. Au lieu d'un revenu assis sur des propriétés foncières, le comte de Nevers se contenta d'une rente en argent. Cet acte, scellé du sceau royal, fut passé à Paris le 18 juillet 1280 \