‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 266 sur 447 · H. F., XXI · texte numérisé non relu

H. F., XXI

3. Hist. fjén. Lcnif^., X, pr. c. 111. — Labbe, XI, 1062. Deux procureurs sont envoyés au Parlement pour protester « super gravaminibus illatis et que quotidie inferuntur, que communem tangunl statum ecclesiarum et monasteriorum ejusdem provlncie, libertates et privilégia. ■>

4. Revue des sociétés sacantes, ic série, IV, 451 (Arcli. de la Vienne). « Majeslati régie lacrymabiliter iutimamus quod tam per curiam vestrani quain per senescallos, ballivos et alios justiciarios vestros, nobis, ecclesiis et subditis vestris inferuntur gravamina que sequuntur.... »

dice des droits de l'Eglise. Les mêmes griefs sont résumés et accentués dans les canons des conciles du temps * et dans la correspondance des papes \ Mais il ne convient pas d'attacher une importance extrême à ces réclamations ni à ces plaintes; à toutes les époques du moyen âge, le spirituel a gémi hautement de l'hostilité du temporel ^; Louis IX lui-même n'échappa pas aux criailleries de l'épiscopat, auquel, selon Joinville, il imposa si vertement silence, La politique de Philippe III fut, en réalité, comme celle de son prédécesseur, plutôt favorahle aux intérêts ecclésiastiques*. Un certain Jean de Ribemont, écrivant au maire et aux jurés de Saint-Quentin au sujet de leurs affaires au Parlement, les avertit que « li clergiés en la court le roi est au desseure » et que les laïques n'y gouvernent plus comme autrefois ^ Des froissements inévitables entre les représentants de l'Eglise et de la couronne se produisirent dans toutes les provinces, mais il n'y eut point de crise aiguë dans les rapports des deux puissances.

Dans l'état féodal, TÉg-lise tenait un rang très élevé grâce aux privilèges exceptionnels de ses membres et grâce à ses richesses; il convient, par conséquent, d'étudier successivement l'exercice de l'autorité royale sur les personnes ecclésiastiques et sur les choses ecclésiastiques.

Les élections canoniques des évèques et des abbés entraînaient, au xiiF siècle, une correspondance active entre le prince, d'une part, les chapitres et les abbayes, d'autre part. On ne pouvait procéder en effet au choix d'un nouveau titulaire sans l'autorisation du roi. Beaucoup de pièces relatives à ces élections se conservent encore dans nos archives : lettres

1. Labbe, XI, col. 1018. Concile de Bourges [1276]. « Noslris auribns clamor horrendiis insoniiil per diversos prelalos qiiod in regno Francie, in quo ecclesiarum lionor servari consuevit, honores in conlunielias converluiitur. »

2. Bulles de Grégoire X (11 nov. 1274), Rayn., 127i, § 14; de Nicolas III à l'évèque de Poitiers (Arch. du Poitou, X, 62), à l'évcque de Chartres [Cartul. de N.-l). de Chartres, II, 203); il leur permet de se servir contre les gens du roi du glaive de l'excommunication.

3. Voy. pour le xi«et le xn" siècle, Luchairk, Instit. mon. de la Fr. sous tes pr. Capél., I, 225.

4. Mand., n" .'J8. « Affectantes subjectos nostros, precipue viros rcligiosos, sub securitate nostra vivcre in quiele... »

5. B. E. C, 2« série, III, 153. E. Lemaire, Arch. anc. de Saint-Quentin, p. 121. — La lettre n'est pas datée; M. L. en place la rédaction vers 12i)0, mais M. Janiu l'a datée avec raison du règne de Philippe le Hardi.

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