‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 287 sur 447 · RÉVOLTES DU COMMUN PEUPLE DES VILLES · texte numérisé non relu

RÉVOLTES DU COMMUN PEUPLE DES VILLES

sentants du princo, n'ayant plus i\o raison d'être dans une société monarcliique, les communes féodales devaient être annihilées en tant qu'individualités politiques. — Leur règle de conduite vis-à-vis des villes était donc dictée aux Capétiens du xni" siècle par la théorie même de leur pouvoir. Discipliner les mouvements dangereux des populaces urbaines, surveiller et diriger les bourg^eoisies, les rallier par des bienfaits, telle fut la politique de Louis IX, s'il est permis de dégager des lois d'ensemble d'une quantité d'actes qui n'ont pas été reliés sans doute à l'origine par une pensée réfléchie. Le gouvernement de Philippe III n'en eut pas d'autre.

Do 1270 à 1283, on vit de nombreuses émeutes : à Chàlons, à Provins, à Rouen, à Arras; dans les villes flamandes d'Ypres, de Bruges, de Douai, de Lille; au Puy, à Albi, à Cahors. Trois seulement, celles d'Ag-de *, de Provins et de Cahors, furent causées par la fiscalité royale et dirigées contre les agents de la couronne; encore convient-il de remarquer que Provins et Cahors se trouvaient dans des pays récemment annexés au domaine. — Provins avait été engagé par Blanche de Champagne au roi de France, pour subvenir aux frais de l'expédition de Navarre; les tailles imposées furent si exorbitantes que les g-ens des métiers, fileurs, teinturiers et drapiers, se soulevèrent et, en 1279, assassinèrent leur maire, Guillaume Penthecoste, qui les exhortait à la soumission ^ Il s'ensuivit une sorte de jacquerie dont la répression fut terrible; deux g-rands seig'ncurs, Edmond de Lancastre et Jean d'Acre, firent pendre tant de gens au nom du roi que la ville resta dépeuplée. Malgré l'amnistie qui fut tardivement accordée aux rebelles en 1281 ^ sur les prières de Giles de Brion, maire de Dannemarie et frère du pape Martin IV, l'industrie du pays ne se releva jamais. L'exécution de Provins, comme l'attestent les chroniques locales, terrifia la France tout entière. — A Cahors, le peuple prit aussi les armes contre les percepteurs des aides; plusieurs maisons

1. Sur la révolte des habitants d'Agde, rebelles au ban du roi en 1272, voy. llist. gén. Lan(j., X, pr. c. 118.

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