‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 288 sur 447 · BouBQCELor, op. cil., II, i · texte numérisé non relu

BouBQCELor, op. cil., II, i

furent pillées; il y eut des morts. Mais la justice du roi ne se fit pas attendre ; l'évêque de Caliors fut dépouillé de ses droits de juridiction, parce qu'il était resté inactif; la cloche du consulat qui avait sonné pendant le forfait fut enlevée; une grosse amende fut prononcée contre les coupables, qui payèrent en outre des dommages-intérêts aux parents des victimes K Enfin trois commissaires furent envoyés dans la ville et ils rédigèrent une ordonnance sur l'administration municipale de Cahors % qui conféra aux consuls, assistés d'un officier royal, une autorité absolue pour punir toute conjuration et pour empêcher les personnes bannies à cause de la dernière émeute de revenir sans la permission du roi.

Ailleurs , c'était contre les seigneurs féodaux que le peuple se déchaînait. Los habitants d'Albi furent à plusieurs reprises en guerre ouverte avec leur évêque % et Philippe III les punit en leur imposant des amendes à son profit ^. En 1276, les syndics et les citoyens du Puy ^ poursuivirent le bayleet d'autres officiers de l'évêque, qui avaient voulu opérer la resaisine de quelques bestiaux, en criant : « Aux armes ! » Les officiers se réfugièrent dans l'église des Franciscains; comme un moine, afin de les sauver, essayait, pour arrêter le peuple, de lui présenter la sainte hostie, il fut accablé de coups de bâton. Bien plus, les poursuivants, après avoir posé des échelles contre l'église, défoncèrent le toit; ils saisirent leurs victimes dans les combles, leur arrachèrent les yeux, et, après les avoir dépouillés, les jetèrent du haut en bas à la foule, qui les lapida. Cela fait, ils rentrèrent dans la ville, où ils tondirent les chaînes, creusèrent des fossés et firent dos barricades. Le sénéchal de Beaucaire et le bailli d'Auvergne furent chargés de faire enquête sur des excès si graves ; et l'année suivante

Page 1