BoUTAHic, la Fr. sous Philippe le Bel, p
NOUVELLES AVOUERIES 263
le règne précédent. Le taux modéré des exactions, la bonne qualité de la monnaie, les mesures prises pour encourager le commerce, telles que création de ports et de marchés ', contribuent à l'expliquer. Les affirmations unanimes des historiens locaux le prouvent ^ Les bourgeois déployaient déjà ce luxe inouï dont on vit l'exagération au xiv'" siècle; l'ordonnance somptuaire de 1279 dénonce, en les proscrivant, leurs mœurs fastueuses ^
Elle décréta que les bourgeois ne porteraient ni vair, ni gris, s'ils n'avaient vaillant plus de 1000 livres tournois; qu'ils n'auraient ni rênes, ni éperons dorés; elle fixa la quantité de paires de robes que leurs femmes pourraient avoir, suivant leur fortune \ Mais, malgré l'apparence, cet établissement ne fut pas fait pour maintenir la hiérarchie des classes sociales par des différences extérieures d'habillement; il fut inspiré par l'erreur économique, si répandue au moyen âge, qui consistait à croire que si l'on forçait les particuliers à faire des économies, le Trésor public y trouverait son compte.
Enfin, la bourgeoisie, garantie dans ses biens par l'ordonnance des francs liefs et enrichie grâce à la sécurité publique, fut. pour ainsi dire, associée au gouvernement par la royauté; je veux dire que la royauté chercha en elle un auxiliaire et un point d'appui. Certes, Philippe III se garda de faciliter, comme on le lit après sa mort ^, l'extension des « bourgeoisies royales » aux dépens des droits des seigneurs ; il défendit au contraire que les hommes de ses vassaux, pour échapper à
1. Création de marchés à Tournay [Ord., XI, 3S8), Jaaville, Villers-Coterels {Act. Pari., n° 1740, 193o), Cordes (Rossignol, V Arrondissement de Gaillac, III, 167). — Création de ports à Aigues-Mortes, à Greslain en Normandie {Act. Pari., n» 2238), sur la Charente, au-dessous d'Angoulême [Dullet. Soc. archeul. de la Charente, 3^ série, I, 40), à Niort (Coll. dom Fonteneau, XX, fo 153), à Poitiers {Arch. munie, de Poitiers, A, II, liasse 1). V. Avch. de l'Hérault, B, 9, fo 190. Arrêt de 1280 : « Au sujet de faire un port à Vendres, lequel lieu appartient au roi. »