‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 304 sur 447 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Les anciens théoriciens de la royauté identifiaient formellement le roi et le justicier : re.x a recte judicando... D'après Hincmar et son école, dont l'idéal était emprunté à la Bible et aux ouvrages des Pères, le roi est l'homme choisi par Dieu pour maintenir la paix dans le monde et rendre la justice*. Au xi" sièchî, cette croyance était encore vivace ^. Louis le Gros recommanda en mourant à son successeur de garder le droit de chacun, .y^/.s* sinim unicuique ciistodire. Mais le pouvoir judiciaire des rois avait été démembré depuis Cliarlemagne, comme le territoire même des royaumes; tous les individus féodaux en avaient prescrit l'exercice; les seigneurs et les communes avaient leurs justices; le clergé, ses cours féodales et ses cours de chrétienté. Toutefois, au xm" siècle, la royauté, redevenue forte et riche, sachant bien que la souveraineté judiciaire était l'attribut essentiel de son office, tendait à la reconquérir aussi bien que la souveraineté territoriale et politique. L'histoire de ses efforts instinctifs pour concentrer de nouveau la justice entre ses mains forme un chapitre séparé de l'histoire de ses relations avec les trois ordres de la société féodale, chapitre qui complète les autres, qui les résume et qui, pour ainsi dire, les couronne.

Sous Philippe le Hardi, la théorie carolingienne du roi considéré comme justicier s'était notablement modifiée; et

\. lIiNCMAii, De ordine Palatii, éd. Prou, p. xxxvi. — Cf. E. Boukoeois, le Cupitidaire de Kiersy, p. 207.

2. A. LucnAiRE, Inst. mon. de la France sous les pr. Capét., 1, 40.

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