ORIGINES DE L\ FAVEUR DE PIERRE DE LA BROCE
dot; mais, confiant en sa faveur auprès du prince Philippe, il venait de rompre, en 12G9, une promesse de mariage échangée , avant son élévation , entre son fils Pierre et la fille d'un simple bourgeois de Tours K Le fait est que, dans ses fonctions intimes, il avait réussi à prendre sur l'esprit hésitant du futur roi un ascendant absolu. Par quels moyens? on l'ignore, et, en l'absence de textes précis, il serait déraisonnable de le rechercher; mais ce que Ton sait bien, c'est qu'il était le conseiller préféré et le (( compère » de Philippe le Hardi ^, et qu'il en profita pour s'élever rapidement, après la mort de Louis IX, au faîte des honneurs et de la richesse. Saint Louis mourut le 25 août; en septembre, Philippe III octroya à son chambellan une première donation, datée du camp devant Carthage ^; le 2 octobre, il lui donna le plus sensible témoignage de confiance en le plaçant au nombre des membres du conseil de régence qu'il adjoignit à son frère Pierre d'Alençon, en prévision d'une minorité *. Déjà la reine Isabelle l'avait choisi pour être l'un de ses cinq exécuteurs testamentaires ^ Aussitôt, les grands seigneurs de l'armée, prévoyant que, comme jadis Pierre des Vignes en avait usé avec Frédéric II, Pierre (( tiendrait les clefs du cœur de Philippe pour fermer ou pour ouvrir » % s'empressèrent d'imiter ces exemples royaux \ Ce n'était là que le commencement d'une prospérité inouïe. En 1271, Pierre de la Broce obtint du roi le château, la châtellenie et la prévôté de Langeais, en Touraine; il s'intitula désormais seigneur de Langeais. Il reçut encore la châtellenie de Châtillon-sur- Indre ^ les seigneuries de Damville et de Charnelles, en