EMPIÉTEMENTS DES OFFICIERS ROYAIX
qu'ils mettaient des sergents dans les prieurés et les abbayes à l'occasion de prétendus excès dont les auteurs se déclaraient prêts à répondre devant le juge ecclésiastique. Si deux clercs étaient en procès à propos d'un bénéfice, ils saisissaient le bénéfice et le donnaient à la partie qu'ils favorisaient, sans l'assentiment de l'Église; quelquefois mémo ils expulsaient le possesseur'. — L'évèque de Toulouse expliqua ([ue le viguier de la ville, quand l'officialité avait acquitté des clercs accusés au criminel, faisait remettre ces clercs en prison ou bien défendait à leurs parents et à leurs amis do les recevoir et de leur fournir le nécessaire. Quand l'officialité condamnait des clercs convaincus do faits malhonnêtes, ceux-ci abjuraient la robe et la tonsure, prenaient des habits de couleur, et le viguier les réclamait comme laïques, défendant à l'évèque de procéder contre eux. Le viguier avait-il arrêté des clercs en flagrant délit, il les interrogeait lui-même avant de les livrer aux mains de l'offîcial. Lorsque des clercs s'obligeaient sous le sceau royal envers des marchands, il les enfermait au château Narbonnais jusqu'à ce qu'ils eussent fait honneur à leurs engagements ^ — Les officiers du diocèse de Rouen prétendaient empêcher les laïques de citer d'autres laïques devant le juge d'Église, ce qui équivalait à détruire la juridiction gracieuse des officialités^. — Et ces officiers du roi qui étaient partout si prompts à moissonner, suivant l'expression du concile de Bourges, le champ d'autrui, avaient soin de relever en même temps les moindres excès de pouvoir de leurs rivaux. Ceux de l'Albigeois dénoncèrent Bernard de Capendu \ évêque du lieu, qui avait décidé que les excommuniés payeraient, avant d'être absous, neuf livres un denier; qu'un testament, pour être valable, devrait être fait en présence du curé ordinaire du testateur, et que les notaires institués par lui auraient seuls le droit de rédiger les testaments et les contrats de mariage.
1. Revue Soc. sav., IV^ série, IV, 452. — Cf., à Montaiiban, Mand., n" 167.