‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 322 sur 447 · LA JUSTICE ROYALE SOUS PHILIPPE III · texte numérisé non relu

LA JUSTICE ROYALE SOUS PHILIPPE III

Paris, avec les abbayes de Saint-Germain des Prés ^ et de Saiiit-Merri -. Saint-Merri abandonna, moyennant une indemnilr. la liante justice dans toute l'étendue de sa seig-neuric. Le roi reconnut au contraire celle de Saint-Germain des Prés, mais il lui traça d(^s frontières. — Les pariai^es ordinaires étaient presque toujours accompagnés d'un acte d'association pour la justice entre le roi et les seigneurs.

Ajoutons que, suivant l'expression de Ménard ^, Philippe le Hardi n'oublia rien pour « gratifier ses sujets d'une administration de la justice sage et réglée ». On verra, à propos de l'organisation du Parlement et des cours de sénéchaussée, qu'il perfectionna leur procédure; aussi le prétoire de ces cours commença-t-il à se peupler, au détriment des officialités (qui jusqu'alors avaient olTert aux plaideurs les meilleures garanties), de gens qui se soumettaient librement à leur désirable juridiction.

En quinze ans, les prérogatives judiciaires de la couronne ont donc été formulées, défendues, exercées, augmentées, de la même façon que les prérogatives domaniales * et les prérogatives purement politiques ^ Toute la politique de Philippe III vis-à-vis des trois ordres de la société féodale semble donc orientée, pour ainsi dire, dans la même direction. Cette direction était celle que Philippe-Auguste et Louis IX avaient imprimée au pouvoir royal et dont Philippe le Bel et ses successeurs devaient dévier si malheureusement. Cette politique aurait sans doute abouti à la reconstitution, au profit de la dynastie capétienne, du pouvoir suprême avec toutes ses attributions essentielles. Si les troubles du xiv" siècle n'étaient pas intervenus, la royauté, couronnement de l'édifice féodal, aurait bien plus tôt réussi à l'écraser sous sa masse.

1. Arch. Nat., J, 153, n^s 4, 6, 7. Cf. LL, 1024, f» 108 v. — Cf. Tano.n, op. cit., p. 208.

2. Arch. Nat.. J, 133, n» 3. La charte est imprimée dans Félibien, Histoire de Paris. III, 2i. Cf. Tanon, op. cit., p. 297.

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