LucHAïKE, op. cit., I
Langlois. 20
avec le roi sur les plus graves questions; ils l'assistaient quand il rendait la justice; ils étaient délégués par lui, soit pour percevoir les revenus du domaine, soit pour convoquer les notables d'une province. Quelle était la condition de ces nouveaux palatins qui disposaient des réalités substantielles du pouvoir dont les grands officiers n'avaient plus que la mensongère apparence?
L'bistorien des premiers Capétiens a très bien montré que, jusqu'au xn" siècle, ces palatins furent, en majorité, de petits seigneurs féodaux du domaine ou du voisinage du domaine ; et que les successeurs de Philippe P"", ayant commencé à s'élever contre la féodalité, furent obligés d'écarter ces conseillers qui devenaient justement leurs adversaires les plus proches. « Le roi fut alors amené, dit M. Luchaire, à prendre ses confidents et ses agents dans les rangs inférieurs de la domesticité royale ou parmi les clercs de naissance obscure à qui était confié le service de sa chapelle *. »
Voilà comment l'autorité publique se trouva exercée de nouveau, au xni" siècle, comme aux temps mérovingiens, par les domestiques attachés à la personne du prince. L'Hôtel du roi, dont les membres étaient voués d'abord aux plus humbles tâches, se transforma donc, aussi bien que le ininisterium regale d'autrefois, en un séminaire d'hommes d'Etat -. La curia regis^ dont les attributions étaient aussi multiples et aussi indéfinies que les prérogatives mêmes de la couronne, c'était principalement, à la fin du xni'' siècle, le corps des clercs et des chevaliers de l'Hôtel.
En 1270, l'assiette de la cour du roi, avec la multitude de ses officiers, était encore irrégulière, c'est-à-dire que les attributions n'y étaient pas encore nettement partagées. On savait bien, à la vérité, que la curia régis avait une triple