‹ Le Règne de Philippe III le HardiChapitre 372 sur 447 · Beaum., II · texte numérisé non relu

Beaum., II

8. Arch. municip. de Nimes, MM, XV, n° 6, éd. Mé.nard, Uist. de Nismes, I, 107, pr. c. 2, et Ilist. ge'n. Lang., X, pr. c. 174. « ... Senescallus, volens gravaminibus obviare, de consilio discretorum virorum[X] ordinavit, voluit, statuit et precepit, presenti ordinationc pcrpeluo valitura... »

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Rien ne serait plus propre à faire comprendre ce qu'était, non plus en théorie, mais en pratique, l'exercice des hautes fonctions administratives au xin'' siècle que la collection des lettres royales adressées aux haillis, d'une part, et, d'autre part, celle, plus importante encore, des lettres envoyées par ceux-ci à leurs subordonnés ou à leurs administrés. Malheureusement, il n'y a pas d'espérance que les archives, tant de fois dévastées depuis six siècles, nous livrent jamais de tels documents en abondance K

Si, à cause de l'insuffisance des sources, nous ne pouvons point assister au fonctionnement régulier des administrations de bailliage, nous savons au moins les désordres qui s'y introduisaient très souvent. Les procès en malversation ou les réformes des enquêteurs du roi nous apprennent en même temps ce que l'administration locale devait être et ce qu'elle n'était pas.

Les baillis, les sénéchaux et les bas officiers étaient soumis, en effet, à un contrôle rigoureux. « Sois diligent, dit le testament politique de saint Louis, d'avoir bons prévôts et bons baillis et fais souvent enquête sur eux... comme ils se conduisent. » La septième vertu que Beaumanoir veut trouver dans le bailli-type, c'est « qu'il obéisse au commandement de son segneur en toz ses commandemens ». Le principal devoir du bailli était l'obéissance. Il ne jouissait que d'une initiative fort restreinte, puisqu'il était en communication constante avec la curia régis qui le dirig-eait, le surveillait et le punissait. Baillis et sénéchaux étaient appelés continuellement devant le Parlement « pour éclaircir des faits douteux, certifier une coutume, justifier leur gestion ou faire connaître les ressources ou les dispositions de leurs provinces ^ » ; les Oh'm en fournissent des preuves innombrables. D'un autre côté, la cour, quand elle était saisie d'une accusation contre un offi-

1. On a réuni avec beaucoup d'imlustrie les chartes qui nous retient de Gautier Bardins, l'habile bailli du Vermandois sous Philippe lil, et celles des baillis de Normandie; ces catalogues démontrent à quel point noire connaissance des choses du moyen âge est condamnée à rester incomplète et fragmentaire. — BoHDiEii, Ph. de Beaumanoir, pp. 20t)-31i. — L. Deusle, Carlul. normand.

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