DÉPENSES ADMINISTRATIVES. CENTRALISATION
Le service des forets prit quelque extension sous Philippe III, bien que M. Vuitry ait exagéré ' en disant qu'on trouve de 1270 à 1285 les premières traces d'une « administration forestière ^ ». Les forestiers étaient des agents domaniaux nommés par le bailli ou, exceptionnellement, par le roi ^ qui ne dédaignait pas à l'occasion de leur envoyer directement ses ordres ^. Le budget des dépenses administratives, qui ne cessa plus de s'accroître dès lors, commença ainsi à s'établir; c'était de l'argent sagement employé, car la France avait, à cette époque, plutôt besoin de centralisation que d'autonomie locale. Or, pour que la centralisation qui, en reliant par des chaînes solides les diverses provinces de ce pays, a fmi par créer la nation française, se réalisât, il fallait que la volonté du pouvoir royal trouvât partout des instruments de transmission. C'était seulement grâce à l'administration que la royauté, à mesure qu'elle opérait des conquêtes partielles sur l'indépendance féodale, pouvait mettre, pour ainsi dire, garnison dans ses positions nouvelles. On ne pouvait pas prévoir au xm^ siècle qu'une évolution en sens contraire se dessinerait un jour vers la décentralisation et la liberté, quand les bienfaits du régime administratif ne balanceraient plus ses inconvénients.