H. F., XXII, 737, a
7. Sur les déboursés faits par Pli. III pendant la guerre de Romague en laveur de Martin IV, II. F., X.XI, 331, a. — Cf. ci-dessus, p. 137.
latin ' ; de continuels préparatifs de guerre contre la Castille ou pour la croisade grevèrent très lourdement, pendant quinze ans, les finances royales.
Une grande partie de ces e.xpensa était consacrée au service de l'Église; or, on admettait au xm*^ siècle que les biens de mainmorte devaient contribuer quand il s'agissait du service de Dieu et fournir des secours extraordinaires : les décimes ecclésiastiques. Philippe III sut obtenir des papes la permission d'en exiger plusieurs des églises de France. Quand les décimes ne couvrirent pas ses frais, le gouvernement royal recourut à la dernière extrémité, à la ressource inépuisable, mais dangereuse, des emprunts.
A vrai dire, il n'y eut presque point d'interruption, pendant le règne de Philippe III, dans la levée des décimes ecclésiastiques. On connaît assez bien l'histoire de ces décimes, grâce à une bulle de Martin IV; ce pape voulut en effet « avoir reson et compte des deniers que le roi Plielippe avoit receuz et tournez par devers soi des diesmes, centiesmes, rédemptions de vœux, legz de la Terre sainte et autres choses qui estoient ordonées à lever depuis le temps du saint roy Loys jusques à l'an 1283 ^ ». Le roi de France avait déjà désigné Nicolas, évêque d'Évreux, et maître G. du Temple, ses clercs, pour compter des décimes alors que Simon de Brie n'était encore que légat en Franco ; après l'avènement de Martin IV, il lui envoya GeofFroi du Temple, muni de ses lettres closes, pour régler définitivement le compte des décimes jusqu'à la Saint-Jean 1283. Une lettre pontificale, datée du 21 octobre 1283, a conservé le souvenir des résultats de cette mission ^ D'abord, les subsides concédés à Louis IX pour la croisade de Tunis continuèrent à être recueillis après la mort de ce prince. Le Temple reçut, de 1270 à 1276, 23838 livres d'arrérages de la décime imposée à l'Église en 1268; en outre, un capital de 75 740 livres, sans parler de 26 744 livres de legs et rachats. Philippe s'appropria aussi le centième dont le pape
1. V. p. 445. II pensionnait Marie, impéralrice de Constantinople, Arch. Nat., J, 474, n° 35.